Origine et histoire de l'Église Sainte-Madeleine
L’église Sainte-Madeleine, située à Strasbourg, trouve ses origines dans un couvent fondé en 1225 hors des murs de la ville, dédié à l’accueil d’anciennes prostituées repenties. Ce premier édifice, détruit vers 1470 par crainte d’une invasion bourguignonne, laisse place à un nouveau couvent dans le quartier de la Krutenau. L’église gothique qui y est construite, achevée en 1478, appartient à l’ordre de Sainte Marie-Madeleine et représente le dernier édifice gothique érigé à Strasbourg. Aujourd’hui, il n’en subsiste que le chœur, de style gothique tardif, orné de fragments de peintures murales, servant de chapelle au Saint-Sacrement.
En 1904, un incendie ravage l’église médiévale, ne laissant intacts que les vestiges du chœur. Une reconstruction est entreprise dès 1907 sous la direction de l’architecte Fritz Beblo, donnant naissance à un édifice plus spacieux, perpendiculaire à l’ancien. La Seconde Guerre mondiale marque un nouveau tournant : bombardée le 11 août 1944, l’église est sévèrement endommagée, puis reconstruite à l’identique en 1958. Ces reconstructions successives illustrent la résilience de ce lieu de culte, classé monument historique dès 1898.
L’église abrite deux orgues remarquables. Le premier, un instrument historique d’Andreas Silbermann (1718), initialement commandé pour l’abbatiale de Marmoutier, est aujourd’hui installé dans la chapelle du Sacré-Cœur après un parcours mouvementé, incluant des modifications au XIXe siècle et une restauration en 2012. Le second, un orgue Roethinger inauguré en 1965, remplace celui détruit en 1944. Ces instruments témoignent du riche patrimoine musical alsacien, intimement lié à l’histoire de l’église.
Le site conserve également des traces des sœurs de l’ordre de Sainte Marie-Madeleine, dont le couvent accueillait des pénitentes dès le XIIIe siècle. Leur présence, marquée par des pratiques religieuses et caritatives, a façonné l’identité spirituelle du quartier. Les vestiges du chœur, avec leurs peintures murales, rappellent cette histoire médiévale, tandis que les reconstructions modernes soulignent l’adaptation du lieu aux besoins contemporains.