Frise chronologique
1148
Consécration de l'église
Consécration de l'église
1148 (≈ 1148)
Par l’évêque de Chalon, dédiée à Sainte-Marie-du-Châtel.
1562
Pillage par les Huguenots
Pillage par les Huguenots
1562 (≈ 1562)
Lors des guerres de Religion.
1791-1793
Fermeture et transformation
Fermeture et transformation
1791-1793 (≈ 1792)
Entrepôt à sel et fourrages pendant la Révolution.
1806-1809
Projet de déconsécration
Projet de déconsécration
1806-1809 (≈ 1808)
Finalement maintenue comme église.
1904
Saccage lors des émeutes
Saccage lors des émeutes
1904 (≈ 1904)
Lié à la loi de séparation Églises-État.
28 février 1927
Inscription aux monuments historiques
Inscription aux monuments historiques
28 février 1927 (≈ 1927)
Protection officielle de l’édifice.
1944
Explosion du pont sur la Saône
Explosion du pont sur la Saône
1944 (≈ 1944)
Nécéssite le remplacement des vitraux en 1947.
janvier 2021
Fermeture administrative
Fermeture administrative
janvier 2021 (≈ 2021)
En raison de son mauvais état.
24 novembre 2021
Création d’une association de restauration
Création d’une association de restauration
24 novembre 2021 (≈ 2021)
Pour sauver l’église et deux autres monuments locaux.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Eglise de la Madeleine : inscription par arrêté du 28 février 1927
Personnages clés
| Évêque de Chalon (non nommé) - Consécrateur de l’église |
En 1148, dédie l’édifice à Sainte-Marie-du-Châtel. |
| Cardinal de Fleury - Commanditaire de la porte |
Installe la porte en chêne sculpté (XVIIIe siècle). |
| Claude Pageault - Donateur du maître-autel |
Offre l’autel en pierre de Préty en 1770. |
| Gédéon Morel - Fondeur de cloche |
Réalise une cloche en bronze en 1862. |
| Père Dominique Oudot - Initiateur de l’association |
Lance la restauration en 2021. |
Origine et histoire
L’église Sainte-Madeleine de Tournus, édifiée au XIIe siècle au cœur de la ville romane, fut initialement dédiée à Sainte-Marie-du-Châtel. Consacrée en 1148 par l’évêque de Chalon, elle devint un lieu de culte central alors que l’abbaye Saint-Philibert se trouvait hors des murs. Son architecture simple, avec une nef à bas-côtés et un portail roman bourguignon orné de six colonnettes, reflète l’art religieux de l’époque. La porte en chêne sculpté, datant du XVIIIe siècle, fut ajoutée plus tard par le cardinal de Fleury.
Au fil des siècles, l’église subit de nombreux bouleversements : pillée par les Huguenots en 1562, fermée pendant la Révolution et transformée en entrepôt en 1793, puis menacée de démolition sous le Directoire. Malgré des projets de déconsécration entre 1806 et 1809, elle resta un lieu de culte. En 1904, des émeutes liées à la séparation des Églises et de l’État endommagèrent gravement l’édifice. Elle fut finalement inscrite aux monuments historiques en 1927, mais sa dégradation persistante conduisit à sa fermeture administrative en 2021.
L’intérieur de l’église abrite des éléments remarquables, comme un maître-autel en pierre de Préty (1770) offert par Claude Pageault, une statue de Vierge à l’Enfant du XVIIIe siècle, et des vitraux de 1947 représentant saint Nicolas et saint Matthieu, installés après l’explosion du pont sur la Saône en 1944. Le clocher, autrefois surmonté d’une flèche détruite par un orage en 1557, abrite deux cloches fondues en 1862. Aujourd’hui, une association locale œuvre pour sa restauration, aux côtés de deux autres monuments religieux de Tournus.
Son histoire reflète les tensions religieuses et politiques de la France, depuis les conflits entre catholiques et protestants jusqu’aux lois de laïcisation du début du XXe siècle. Malgré ces épreuves, l’église reste un témoignage majeur de l’art roman bourguignon et de la piété locale, bien que son état actuel nécessite une intervention urgente pour préserver ce patrimoine.