Frise chronologique
1313
Première mention de la chapelle
Première mention de la chapelle
1313 (≈ 1313)
Chapelle seigneuriale dédiée à sainte Émérance attestée.
1567
Destruction de l'église de Varennes
Destruction de l'église de Varennes
1567 (≈ 1567)
Transformation de la chapelle en église paroissiale.
1600 (fin XVIe)
Consécration de l'église actuelle
Consécration de l'église actuelle
1600 (fin XVIe) (≈ 1600)
Adoption des vocables Sainte-Madeleine et Saint-Jean.
1700
Création du cimetière de Rochemenier
Création du cimetière de Rochemenier
1700 (≈ 1700)
Ordonnance de l’évêque Michel Lepelletier.
1772
Installation des statues
Installation des statues
1772 (≈ 1772)
Quatre statues offertes par le curé Pauvert.
20 novembre 1972
Inscription aux Monuments Historiques
Inscription aux Monuments Historiques
20 novembre 1972 (≈ 1972)
Protection officielle de l’édifice.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Eglise de Rochemenier (cad. AC 55) : inscription par arrêté du 20 novembre 1972
Personnages clés
| Sébastien Johan Leysner - Sculpteur |
Auteur des statues de 1772. |
| Pierre Pauvert (ou Povert) - Curé de Rochemenier (1763–1789) |
Commanditaire des statues du XVIIIe siècle. |
| Michel Lepelletier - Évêque d’Angers (1700) |
Ordonne la création du cimetière. |
| Louis XI - Roi de France |
Invoque sainte Émérance en 1472. |
Origine et histoire
L’église Sainte-Madeleine-et-Saint-Jean de Rochemenier, située à Louresse-Rochemenier en Maine-et-Loire, trouve ses origines au XIVe siècle sous la forme d’une chapelle seigneuriale dédiée à sainte Émérance. Transformée en église paroissiale à la fin du XVIe siècle après la destruction de l’ancienne église de Varennes par les protestants en 1567, elle adopte alors son double vocable actuel. Ce changement s’inscrit dans le contexte des guerres de Religion, qui marquent profondément la région.
La façade romane, soutenue par deux contreforts et surmontée d’un clocher arrondi remanié vers 1870, conserve une cloche de 1540, probablement rescapée de l’église de Varennes. À l’intérieur, la nef unique du XVIe siècle, dépourvue de transept, abrite un chœur lumineux orné d’un autel de 1731 et de statues des XVIIe et XVIIIe siècles, dont celles de sainte Émérance et sainte Agnès, sculptées par Sébastien Johan Leysner en 1772. Les murs blanchis à la chaux et les dalles funéraires au sol rappellent son usage comme lieu d’inhumation pour les notables locaux.
L’église, inscrite aux monuments historiques en 1972, reste un lieu de culte actif, notamment pour la célébration annuelle de sainte Émérance le 23 janvier, une tradition ancrée depuis le XIIIe siècle en Anjou. Cette sainte, invoquée contre les maux de ventre et les orages, est honorée par un cantique et des rituels comme le tintement des cloches pour éloigner la grêle. La paroisse, supprimée en 1809 et rattachée à Louresse en 1842, a conservé son cimetière attitré, témoignant de son importance historique pour la communauté.
Les matériaux utilisés, comme le tuffeau et le grison, ainsi que les graffitis de pèlerins sur le portail, illustrent les pratiques religieuses et artisanales locales. La charpente en lambris du XVIe siècle, rénovée en 2007, et les statues offertes par le curé Pierre Pauvert (1730–1789) soulignent les évolutions architecturales et dévotionnelles du lieu. Aujourd’hui, l’église fait partie du réseau des « Églises Accueillantes en Anjou » et continue de jouer un rôle culturel et spirituel.
Le site est également marqué par des légendes, comme celle de Louis XI, guéri en 1472 par l’intercession de sainte Émérance lors d’une chasse en forêt de Longuenée. Ces récits, mêlant histoire et croyances populaires, renforcent le patrimoine immatériel lié à ce monument, où se croisent mémoire collective, architecture modeste et traditions vivaces.