Frise chronologique
902
Première mention écrite
Première mention écrite
902 (≈ 902)
Acte citant *Sancta Maria de Vico Quadraginta*.
982
Dédicace par Ermengaud
Dédicace par Ermengaud
982 (≈ 982)
Consécration de l’église par l’archevêque de Narbonne.
1016
Chapelle Saint-Martin consacrée
Chapelle Saint-Martin consacrée
1016 (≈ 1016)
Cérémonie menée par Urbain, évêque de Béziers.
1053
Dédicace solennelle
Dédicace solennelle
1053 (≈ 1053)
Consécration des autels par trois prélats.
XVe siècle
Ajout de créneaux défensifs
Ajout de créneaux défensifs
XVe siècle (≈ 1550)
Modification du collatéral sud.
1907
Classement Monument Historique
Classement Monument Historique
1907 (≈ 1907)
Protection officielle de l’édifice.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Eglise : classement par arrêté du 19 décembre 1907
Personnages clés
| Adélaïde de Narbonne - Vicomtesse de Narbonne |
Donatrice par testament (967, 990). |
| Ermengaud de Narbonne - Archevêque et vicomte |
Fondateur présumé, dédicace en 982. |
| Urbain de Béziers - Évêque de Béziers |
Consacre la chapelle Saint-Martin (1016). |
| Guifred de Cerdagne - Archevêque de Narbonne |
Participe à la dédicace de 1053. |
| Bérenger - Premier abbé connu |
Dirige la communauté de chanoines. |
Origine et histoire
L’église Sainte-Marie de Quarante, mentionnée dès le Xe siècle sous les noms Sancta Maria de Vico Quadraginta (902) ou Sancta Maria ad Quarante (961), était initialement liée à une communauté de chanoines réguliers devenue abbaye. Les testaments des vicomtes de Narbonne (Adélaïde en 967 et 990, son fils Ermengaud en 1005) suggèrent leur rôle dans sa fondation. L’archevêque Ermengaud procède à sa dédicace en 982, suivie en 1016 par la consécration d’une chapelle Saint-Martin par l’évêque Urbain de Béziers. En 1053, une cérémonie solennelle réunit trois prélats (Guifred de Cerdagne, Bérenger de Béziers, Gontier d’Agde) pour consacrer les autels des saints Dalmace, Laudebert, Jean-Baptiste et de la Sainte-Croix.
L’édifice actuel, construit aux XIe et XIIIe siècles avec des remaniements au XVIIIe, combine un plan roman complexe (trois nefs, transept, deux clochers) et des éléments défensifs comme des créneaux sur le collatéral sud (XVe siècle). Son porche du XIIe siècle, remanié en style classique, masque une façade occidentale ornée d’une croix inscrite dans un cercle. Le chevet roman lombard, difficilement visible, et les autels à lobes du XIe siècle (dont un maître-autel décoré) illustrent son importance artistique. Classée monument historique en 1907, l’église conserve aussi des traces de son passé abbatial, comme les chapelles dédiées aux martyrs locaux Dalmace et Laudebert.
L’étymologie de Quarante, souvent associée à quarante martyrs chrétiens, provient en réalité du latin Caranta (« rivière sablonneuse »), désignant un cours d’eau voisin. L’abbaye, placée sous l’autorité des archevêques de Narbonne, servait de lieu de prière pour les défunts de la famille vicomtale. Les transformations architecturales (voûtes en berceau, coupoles sur trompes) et les ajouts tardifs (flèche octogonale du clocher) reflètent son évolution sur près de huit siècles, tout en préservant des éléments romans majeurs comme les bandes lombardes ou les fenêtres cintrées à extrados de basalte noir.