Frise chronologique
1108
Fondation du prieuré
Fondation du prieuré
1108 (≈ 1108)
Donation du vicomte Loup Aner à l'abbaye de La Sauve-Majeure.
XIIIe siècle
Agrandissement et dépendance de Saint-Sever
Agrandissement et dépendance de Saint-Sever
XIIIe siècle (≈ 1350)
Bulle pontificale de 1266 confirmant le rattachement.
milieu XIVe siècle
Fortification du chevet
Fortification du chevet
milieu XIVe siècle (≈ 1450)
Renforcement lié à la guerre de Cent Ans.
1569
Destruction partielle
Destruction partielle
1569 (≈ 1569)
Pillage par les huguenots de Montgomery.
1587
Restauration par Cosme de Lafitte
Restauration par Cosme de Lafitte
1587 (≈ 1587)
Modification du chevet en carré.
1996
Classement Monument Historique
Classement Monument Historique
1996 (≈ 1996)
Protection définitive de l'édifice.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Eléments de l'enclos cimeterial, à savoir : portail et grilles de ferronnerie, chapelle Saint-Joseph, croix, muraille fermant l'ensemble côté ouest (cad. AM 60) : inscription par arrêté du 11 décembre 1995 - Eglise (cad. AM 60) : classement par arrêté du 28 novembre 1996
Personnages clés
| Loup Aner - Vicomte de Marsan |
Donateur du terrain en 1108. |
| Cosme de Lafitte - Prieur au XVIe siècle |
Dirigea la restauration post-guerres de Religion. |
| Clément IV - Pape |
Émit une bulle en 1266 confirmant la dépendance. |
Origine et histoire
L'église Sainte-Marie, aussi appelée Notre-Dame de l'Assomption, est un édifice catholique situé à Roquefort (Landes), fondé au début du XIIe siècle par l'abbaye de La Sauve-Majeure sur un terrain donné en 1108 par le vicomte Loup Aner. Initialement modeste, elle servait à la fois de prieuré bénédictin voué à la Vierge Marie et d'église paroissiale, séparée en deux parties par un mur. Son plan en trèfle, typique des constructions bénédictines, reflète son lien avec l'abbaye-mère, avec une abside centrale flanquée de deux absidioles latérales.
Au XIIIe siècle, l'église passe sous le contrôle de l'abbaye de Saint-Sever, comme en témoigne une bulle pontificale de 1266. Elle subit des agrandissements successifs entre les XIIIe et XVIIe siècles, financés conjointement par les bénédictins et les jurats locaux. Au XIVe siècle, la ville de Roquefort s'étend et se dote d'une double enceinte ; l'église, située à la jonction des murs, est fortifiée, son chevet roman renforcé par des contreforts et transformé en structure défensive. Pendant les guerres de Religion (1569), elle est partiellement détruite par les huguenots de Montgomery, puis restaurée en 1587 par le prieur Cosme de Lafitte, qui modifie son chevet pour le stabiliser.
L'architecture de l'église mêle éléments romans (absidioles du XIIe siècle) et gothiques (nef voûtée d'ogives, portail sud). Son clocher-tour, souvent confondu à tort avec un donjon médiéval, date en réalité du XIVe siècle et servait de tour de guet pendant la guerre de Cent Ans. À l'intérieur, des peintures murales des XVIIIe et XIXe siècles ornent les murs, tandis que deux tableaux de l'Assomption, dont un du XVIe siècle redécouvert en 1951, rappellent sa vocation religieuse. L'édifice, classé Monument Historique en 1996, a bénéficié d'une restauration majeure entre 2004 et 2016.
L'église Sainte-Marie illustre les transformations liées aux conflits et à l'évolution du culte : fortifiée pour résister aux assauts, elle conserve des traces de son passé monastique (sépulture des moines, cloître disparus) et paroissial (portail armorié, porte des cagots). Son enclos funéraire abrite une chapelle Saint-Joseph, probable sépulture de la famille de Camon-Talence, ajoutée après les guerres de Religion. Cédée aux Bénédictines de Bordeaux en 1638, elle devient une simple église paroissiale, avant d'être affectée au culte de la Raison pendant la Révolution.
Son histoire reflète aussi les tensions locales : pillée pendant la Fronde (1648-1653) par les troupes royales en représailles à la révolte de Roquefort, elle est occupée comme caserne. Les restaurations des XVIIe et XVIIIe siècles (arc-boutant de 1748, voûtes refaites) visent à réparer ces dégradations. Au XIXe siècle, des modifications esthétiques (chapiteaux corinthiens, tribune en pierre) altèrent partiellement son aspect médiéval, tandis que des peintures murales couvrent les murs en 1882. Aujourd'hui, elle reste un témoignage majeur du patrimoine religieux et défensif des Landes.