Frise chronologique
1135
Première mention papale
Première mention papale
1135 (≈ 1135)
Bulle d’Innocent II rattachant l’église à l’abbaye Saint-Pierre.
XIIIe–XIVe siècles
Modifications défensives
Modifications défensives
XIIIe–XIVe siècles (≈ 1450)
Ajout du porche fortifié et revoûtement pendant la guerre de Cent Ans.
1543
Fonte de la cloche
Fonte de la cloche
1543 (≈ 1543)
Cloche classée avec inscription mariale.
XVe siècle
Construction de la chapelle sud
Construction de la chapelle sud
XVe siècle (≈ 1550)
Ajout gothique tardif dédié à saint Amans.
1840
Fin du culte
Fin du culte
1840 (≈ 1840)
Cessation approximative des offices religieux.
26 mars 1942
Classement Monument Historique
Classement Monument Historique
26 mars 1942 (≈ 1942)
Protection officielle de l’édifice et de ses éléments.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
L'ancienne église : classement par arrêté du 26 mars 1942
Personnages clés
| Innocent II - Pape (1130–1143) |
Mentionne l’église dans une bulle de 1135. |
Origine et histoire
L’église Sainte-Marie-des-Cuns, située dans le hameau des Cuns à 4,5 km de Nant (Aveyron), trouve sa première mention dans une bulle du pape Innocent II en 1135, qui la rattache à l’abbaye Saint-Pierre de Nant. La partie romane originale, datant de cette époque, comprend une nef unique voûtée en berceau, un faux transept et une abside pentagonale ornée de chapiteaux sculptés (feuillages, palmettes). Ces éléments stylistiques rappellent ceux de l’église Saint-Pierre de Nant, suggérant un lien artistique entre les deux édifices.
Au XIIIe–XIVe siècles, l’église subit des modifications majeures pour s’adapter aux tensions de la guerre de Cent Ans : la nef est revoûtée, des arcades aveugles sont ajoutées pour soutenir les voûtes, et un porche fortifié en encorbellement est construit au-dessus du portail pour se protéger des Routiers (mercenaires pillards). Ces aménagements reflètent l’insécurité chronique de la région, où les édifices religieux deviennent des refuges défensifs.
Le XVe siècle marque l’ajout d’une chapelle sud dédiée à saint Amans, de style gothique tardif, avec une voûte d’ogives retombant sur des culs-de-lampe sculptés. Les fenêtres sont également refaites à cette période. Le culte cesse vers 1840, mais l’édifice, recouvert de lauzes calcaires posées à cru, conserve son clocher carré ajouré et sa cloche de 1543, classée au titre des objets. Classée monument historique en 1942, l’église témoigne aujourd’hui de près de neuf siècles d’histoire religieuse et architecturale en Rouergue.
La cloche, fondée en 1543, porte l’inscription « AVE MARIA GRATIA PLENA L’AN MIL CCCCCXXXXIII », illustrant la dévotion mariale de l’époque. Son classement parmi les objets mobiliers protégés souligne la valeur patrimoniale de cet élément liturgique. L’édifice, propriété de la commune de Nant, reste un exemple remarquable d’adaptation d’une église romane aux défis médiévaux et post-médiévaux, entre spiritualité, défense et évolution stylistique.