Frise chronologique
XIIe siècle
Construction initiale
Construction initiale
XIIe siècle (≈ 1250)
Nef unique roman provençal et chœur
1654
Visite épiscopale
Visite épiscopale
1654 (≈ 1654)
Évêque Godeau mentionne les travaux
1658
Agrandissement
Agrandissement
1658 (≈ 1658)
Ajout de deux collatéraux
1715
Mention du clocher
Mention du clocher
1715 (≈ 1715)
Première référence écrite
1864
Don de Napoléon III
Don de Napoléon III
1864 (≈ 1864)
Ciboire offert à l’église
1982
Classement MH
Classement MH
1982 (≈ 1982)
Inscrite aux monuments historiques
1999
Vol du retable
Vol du retable
1999 (≈ 1999)
Œuvre de Louis Bréa disparue
2007-2008
Restauration
Restauration
2007-2008 (≈ 2008)
Travaux et nouvelles cloches
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Eglise (cad. B 475) : inscription par arrêté du 5 février 1982
Personnages clés
| Antoine Godeau - Évêque de Vence |
Visite pastorale en 1654 |
| Louis Bréa - Peintre niçois |
Auteur du retable volé |
| Napoléon III - Empereur des Français |
Offrit un ciboire en 1864 |
Origine et histoire
L'église Sainte-Marie-Madeleine de Coursegoules, située dans les Alpes-Maritimes, est un édifice emblématique du style roman provençal. Construite probablement au XIIe siècle lors de l'expansion du village, elle présentait initialement une nef unique de trois travées, terminée par un chœur semi-circulaire voûté en cul-de-four. Des caveaux ou catacombes sous-jacents, ainsi que des similitudes avec des tombeaux des VIIIe-IXe siècles, suggèrent qu’elle fut érigée sur un édifice plus ancien, peut-être un lieu de culte ou de sépulture préexistant.
Au XVIIe siècle, face à l’accroissement démographique, l’église fut agrandie en 1658 avec l’ajout de deux collatéraux, comme en témoigne la date gravée sur le mur sud. Cet agrandissement fut confirmé par l’évêque Antoine Godeau lors de sa visite pastorale en 1654, soulignant que l’édifice avait été « agrandie de deux ailes, embellie et bien blanchie ». Les collatéraux, voûtés d’arêtes, contrastent avec la nef centrale en berceau brisé, reflétant les évolutions architecturales et liturgiques de l’époque.
L’église connut des modifications ultérieures, notamment une restauration en 2007 et l’installation de nouvelles cloches en 2008. Son clocher, mentionné dès 1715, surplombe l’arc triomphal et fut couvert d’un toit en pavillon après des travaux postérieurs à 1846. Classée aux monuments historiques depuis 1982, elle conserve un mobilier remarquable, dont un retable de Louis Bréa (vers 1500), volé en 1999 et remplacé par une reproduction, ainsi qu’un ciboire offert par Napoléon III en 1864.
Son histoire militaire est également notable : l’abside, surélevée une première fois au XIVe siècle, servit de tour de flanquement pour l’enceinte villageoise. Une seconde surélévation, percée de meurtrières au XVIIe siècle, témoigne des tensions régionales. Aujourd’hui, l’église allie héritage médiéval, adaptations baroques et traces défensives, incarnant près de neuf siècles d’histoire locale.
Le mobilier, bien que réduit au fil des siècles, inclut encore des pièces exceptionnelles comme une croix processionnelle du XVIe siècle en cuivre argenté et un plat à offrandes. Ces objets, inscrits ou classés, soulignent le rôle central de l’église dans la vie religieuse et sociale de Coursegoules, depuis le Moyen Âge jusqu’à l’époque contemporaine.