Frise chronologique
1233
Origine de la chapelle
Origine de la chapelle
1233 (≈ 1233)
Autorisation de construction par le prévôt de Saint-Pierre.
1667-1670
Démolition de la chapelle
Démolition de la chapelle
1667-1670 (≈ 1669)
Agrandissement de Lille et fortifications Vauban.
1675
Début de la reconstruction
Début de la reconstruction
1675 (≈ 1675)
Contrat signé pour le chœur avec François Vollant.
1er janvier 1677
Ouverture au culte
Ouverture au culte
1er janvier 1677 (≈ 1677)
Consécration provisoire par l’évêque de Tournai.
1707
Consécration officielle
Consécration officielle
1707 (≈ 1707)
Par l’archevêque Joseph Clément de Bavière.
1708
Dommages lors du siège autrichien
Dommages lors du siège autrichien
1708 (≈ 1708)
Restauration confiée à Thomas-Joseph Gombert.
19 octobre 1965
Classement Monument historique
Classement Monument historique
19 octobre 1965 (≈ 1965)
Protection officielle de l’édifice.
1989
Désaffectation
Désaffectation
1989 (≈ 1989)
Fin de son usage religieux.
2004
Transformation en espace d’expositions
Transformation en espace d’expositions
2004 (≈ 2004)
Restauration pour Lille 2004.
2008
Restauration de la façade
Restauration de la façade
2008 (≈ 2008)
Travaux de conservation.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Personnages clés
| François Vollant - Maître maçon |
Constructeur du chœur en 1675. |
| Simon Vollant - Architecte |
Frère de François, concepteur de la porte de Paris. |
| Joseph Clément de Bavière - Archevêque de Cologne |
Consacre l’église en 1707. |
| Thomas-Joseph Gombert - Architecte |
Restaure l’église après 1708. |
| Jacob van Oost le Jeune - Peintre |
Auteur de *La Résurrection de Lazare* (maître-autel). |
| André Corneille Lens - Peintre |
Auteur des tableaux sur la vie de Madeleine (1777). |
| Olivier Durieux - Maître verrier |
Créateur des vitraux du chœur. |
Origine et histoire
L’église Sainte-Marie-Madeleine de Lille trouve ses origines en 1233, lorsque le prévôt de Saint-Pierre autorise la construction d’une chapelle paroissiale dédiée à sainte Marie-Madeleine dans les faubourgs de Lille. Cette chapelle, située hors des remparts jusqu’en 1667, est démolie lors de l’agrandissement de la ville et de la construction des nouvelles fortifications par Vauban. Cet événement divise la paroisse en deux : une partie intégrée à Lille, l’autre donnant naissance à la commune de La Madeleine. La décision de reconstruire l’église à l’intérieur d’un bastion est prise en 1675, marquant le début d’un chantier ambitieux.
La construction de la nouvelle église débute en 1675 avec la signature d’un contrat pour le chœur, confié au maître maçon François Vollant, frère de l’architecte Simon Vollant. Les travaux progressent rapidement : le chœur et la façade sont partiellement achevés dès 1676, permettant une ouverture au culte le 1er janvier 1677. Le dôme et les chapelles de la rotonde sont terminés entre 1701 et 1707, année de la consécration officielle par l’archevêque de Cologne, Joseph Clément de Bavière. Cependant, l’église subit d’importants dommages lors du siège autrichien de 1708, nécessitant une restauration confiée à l’architecte Thomas-Joseph Gombert, également impliqué dans la construction de l’église Saint-André.
Classée Monument historique en 1965, l’église est désaffectée en 1989 pour des raisons de sécurité, après avoir été interdite au public dès 1969. Restaurée dans le cadre de Lille 2004, elle est transformée en lieu d’expositions temporaires, accueillant des artistes contemporains comme Miwa Yanagi, Chiharu Shiota ou Peter Greenaway. Son architecture éclectique, mêlant renaissance flamande, influences antiques et baroque, en fait un édifice unique dans la région. Le chœur conserve encore des éléments originaux, dont des tableaux de Jacob van Oost le Jeune et André Corneille Lens, ainsi que des vitraux signés Olivier Durieux.
L’église se distingue par son plan en croix grecque et sa rotonde centrale, surmontée d’un dôme rare dans le Nord de la France. Son surnom, « la grosse Madeleine », lui vient de sa silhouette massive et de son style baroque marqué. Bien que désacralisée, elle reste un témoignage majeur du patrimoine religieux et architectural lillois, lié à l’histoire urbaine de la ville, notamment à travers l’expansion de ses remparts au XVIIe siècle. Sa façade, restaurée en 2008, et son intérieur richement décoré en font un site culturel incontournable.