Frise chronologique
1333
Fondation par Alix de Brabant
Fondation par Alix de Brabant
1333 (≈ 1333)
Début de la construction de la collégiale.
22 juillet 1339
Consécration de l'église
Consécration de l'église
22 juillet 1339 (≈ 1339)
Par l'archevêque Foucaud de Rochechouart.
27 mars 1341
Décès d'Alix de Brabant
Décès d'Alix de Brabant
27 mars 1341 (≈ 1341)
Fondatrice enterrée dans l'église.
1489
Testament de Louis d’Anjou-Mézières
Testament de Louis d’Anjou-Mézières
1489 (≈ 1489)
Sépulture prévue dans la chapelle nord.
1543
Fondation de la chapelle d’Anjou
Fondation de la chapelle d’Anjou
1543 (≈ 1543)
Par Nicolas d’Anjou-Mézières, consacrée en 1559.
1862
Classement monument historique
Classement monument historique
1862 (≈ 1862)
Protection officielle de l'édifice.
1937
Restauration des vitraux
Restauration des vitraux
1937 (≈ 1937)
Par Jean-Jacques Grüber, maître verrier.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
L'église : classement par liste de 1862
Personnages clés
| Alix de Brabant - Fondatrice de la collégiale |
Cousine de Philippe IV le Bel, décédée en 1341. |
| Jean III d'Harcourt - Époux d'Alix de Brabant |
Seigneur lié à la fondation de l'église. |
| Foucaud de Rochechouart - Archevêque de Bourges |
Consacre l'église en 1339. |
| Louis d’Anjou-Mézières - Seigneur et donateur |
Fonde sa sépulture en 1489. |
| Nicolas d’Anjou-Mézières - Fondateur de la chapelle sud |
Petit-fils de Louis, chapelain en 1543. |
| Prosper Mérimée - Inspecteur des Monuments historiques |
Critique l'état de l'église en 1850. |
| Jean-Jacques Grüber - Maître verrier |
Restaure les vitraux en 1937. |
Origine et histoire
L'église Sainte-Marie-Madeleine de Mézières-en-Brenne, située dans le département de l'Indre en région Centre-Val de Loire, fut fondée au XIVe siècle comme collégiale du château. Elle fut initiée en 1333 par Alix de Brabant, épouse de Jean III d'Harcourt, et consacrée le 22 juillet 1339 par l'archevêque de Bourges Foucaud de Rochechouart. Ce monument servit de sépulture à sa fondatrice, décédée en 1341, et reflète l’influence seigneuriale de la famille d’Harcourt.
Au XVe siècle, la seigneurie de Mézières passa à Charles d’Anjou, puis à son fils Louis d’Anjou-Mézières, qui y établit sa sépulture en 1489 dans une chapelle nord en construction. En 1543, Nicolas d’Anjou-Mézières, petit-fils de Louis, fonda une seconde chapelle côté sud, plus vaste et dédiée à Notre-Dame, consacrée en 1559. Ces ajouts marquèrent l’évolution architecturale de l’édifice, mêlant styles gothique et Renaissance.
L’église connut une dégradation progressive à partir du XIXe siècle, malgré son classement aux monuments historiques en 1862. Les rapports de 1840 à 1880 soulignèrent son état alarmant, nécessitant des restaurations partielles (charpente, vitraux, maçonneries) menées jusqu’au XXe siècle. Prosper Mérimée, en 1850, jugea sévèrement son intérêt architectural, à l’exception de la chapelle d’Anjou, remarquable pour son ornementation.
Le mobilier et les vitraux constituent les richesses de l’édifice. Les vitraux, datant des XIVe et XVIe siècles, représentent les donateurs et leurs saints patrons. Parmi eux, les verrières de l’abside (1333–1339) et celles de la chapelle d’Anjou (XVIe siècle) sont particulièrement notables. L’église abrite aussi 24 stalles du XVe siècle, un bas-relief de Klagmann, et un ostensoir du XIXe siècle.
Le porche, richement sculpté, présente des pilastres historiés et des statuettes sous des baldaquins dentelés. À l’origine, le clocher était surmonté de trois aiguilles, remplacées au XIXe siècle par une charpente en bois. Les murs du chœur conservent des traces de peintures médiévales, dont un tétramorphe. La chapelle d’Anjou, séparée de la nef par une clôture italianisante, illustre l’influence artistique de la Renaissance.
L’histoire de l’église est indissociable de ses fondateurs : Alix de Brabant, cousine de Philippe IV le Bel, puis les seigneurs d’Anjou, qui en firent un lieu de mémoire dynastique. Malgré les critiques du XIXe siècle, sa préservation témoigne de son rôle historique dans la région naturelle de la Brenne, au sein de l’archidiocèse de Bourges.