Origine et histoire de l'Église Sainte Marie-Madeleine
L'église Sainte-Marie-Madeleine de Nézignan-l'Évêque, située dans l'Hérault, est un édifice d'origine romane construit au XIIe siècle. Elle a subi des transformations majeures aux XIVe, XVe et XVIIIe siècles, notamment l'ajout de chapelles latérales, d'un clocher et d'un portail baroque. Son chevet semi-circulaire, typique de l'opus monspeliensis, est orné de modillons sculptés et surmonté d'un clocher du XVe siècle. La sacristie et le portail du XVIIIe siècle, seul élément classé Monument Historique depuis 1953, masquent partiellement les structures romanes originales.
Le village de Nézignan-l'Évêque, mentionné dès 848 sous le nom Nasianianum villa, était une résidence épiscopale liée à l'évêque d'Agde. Cette affiliation explique la construction d'une église paroissiale de grandes dimensions, embellie au fil des siècles. Au XIIe siècle, l'édifice se limitait à une nef à trois travées et une abside semi-circulaire. Les campagnes ultérieures (XIVe–XVIIe siècles) ajoutèrent des chapelles latérales, un porche voûté, et une tribune en pierre, tandis que le XIXe siècle rompit la symétrie avec une chapelle transversale.
Le portail du XVIIIe siècle, encadré de pilastres cannelés et surmonté d'un fronton courbe, est décoré de bas-reliefs évoquant la vie de Marie-Madeleine. À l'intérieur, la nef romane conserve une voûte en berceau soutenue par des arcs-doubleaux, tandis que l'abside, voûtée en cul-de-four, est percée de baies cintrées partiellement obstruées par la sacristie. Les modillons du chevet, ornés de motifs géométriques (croix, damiers), et la ferronnerie de la chaire (XVIIIe siècle) témoignent de la richesse artistique de l'édifice.
Classée parmi les monuments historiques pour son portail en 1953, l'église illustre l'évolution architecturale d'un édifice religieux médiéval, marqué par des ajouts gothiques et baroques. Son clocher carré, probablement du XVe siècle, domine le village et rappelle son passé de résidence épiscopale. Les matériaux locaux, comme la pierre de taille assemblée en grand appareil, et les techniques régionales (opus monspeliensis) soulignent son ancrage dans le patrimoine languedocien.