Frise chronologique
1633
Fondation du monastère
Fondation du monastère
1633 (≈ 1633)
Première pierre posée par le maréchal de Vitry.
1651-1652
Achèvement du petit cloître
Achèvement du petit cloître
1651-1652 (≈ 1652)
Béni par Mgr de Puget en 1652.
1680-1702
Construction de l'église
Construction de l'église
1680-1702 (≈ 1691)
Consacrée le 11 décembre 1702.
1789
Dissolution du monastère
Dissolution du monastère
1789 (≈ 1789)
Biens confisqués pendant la Révolution.
1803
Devenue église paroissiale
Devenue église paroissiale
1803 (≈ 1803)
Dédiée à Sainte-Marie-Madeleine.
2025
Classement monument historique
Classement monument historique
2025 (≈ 2025)
Protection totale de l’édifice.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
L'église Sainte-Marie-Madeleine, dite des Chartreux, en totalité, y compris la sacristie, les annexes, la cour et son mur, placés au chevet, située place Edmond-Audran, figurant sur la parcelle 816 H 11 du cadastre de la commune, tel que délimité et hachuré en rouge sur le plan annexé à l'arrêté : classement par arrêté du 25 juin 2025
Personnages clés
| Dom Jean-Baptiste Berger - Prieur et architecte |
Conçut l’église et les bâtiments monastiques. |
| Dom Joseph de Martinet - Dernier prêtre non jureur |
Cacha puis mourut en 1795. |
| Michel Serre - Peintre |
Auteur de *L’Apothéose de Sainte Marie Madeleine*. |
| Louis Botinelly - Sculpteur |
Réalisa plusieurs statues en 1956. |
| Charles Mutin - Facteur d’orgues |
Conçut le Grand-Orgue en 1912. |
| Max Ingrand - Peintre-verrier |
Créa les vitraux modernes en 1956. |
Origine et histoire
L’église Sainte-Marie-Madeleine des Chartreux, située place Edmond-Audran dans le 4e arrondissement de Marseille, fut initialement la chapelle d’un monastère de l’ordre des Chartreux, fondé en 1633. Ce monastère, établi à l’initiative des chartreux de Villeneuve-lès-Avignon et avec l’appui des autorités locales, dont le premier consul de Marseille et l’évêque Mgr de Loménie, fut implanté dans un lieu calme près du ruisseau du Jarret. La première pierre fut posée le 8 septembre 1633 par le maréchal de Vitry, gouverneur de Provence, et Louis XIV plaça le couvent sous sa protection en 1656. Les dons de familles aristocratiques, comme ceux d’Antoine de Valbelle ou de Gaspard de Foresta, permirent l’édification des premières cellules et du petit cloître, béni en 1652.
La construction de l’église, conçue par dom Jean-Baptiste Berger, prieur et architecte talentueux, débuta en 1680 mais ne fut achevée qu’en 1702 en raison de difficultés financières. Dom Berger, figure majeure de l’ordre, supervisa un projet ambitieux incluant une nef monumentale et un dôme inachevé. L’apogée du monastère, à la fin du XVIIe siècle, fut suivi par sa dissolution en 1789 lors de la Révolution. Les biens furent confisqués et vendus, à l’exception de l’église, qui devint paroissiale en 1803. Les chartreux, dispersés, vécurent dans la clandestinité, comme dom Joseph de Martinet, dernier prêtre non jureur de Marseille, mort en 1795 et enterré dans l’église en 1856.
Au XIXe siècle, l’église, trop exiguë pour une population grandissante, subit des modifications, dont l’ouverture des arcades entre la nef et les collatéraux en 1860. Le tableau L’Apothéose de Sainte Marie Madeleine de Michel Serre, seul vestige des 35 toiles du monastère, fut réinstallé en 1833. L’édifice, marqué par un incendie en 1906 qui détruisit l’orgue Daublaine & Callinet, fut doté d’un nouvel orgue Mutin en 1912, toujours en place. En 1956, un programme d’art sacré modernisa sa décoration, avec des vitraux de Max Ingrand et des sculptures de Louis Botinelly et Alfred Lang.
Classée monument historique en 2025, l’église des Chartreux se distingue par sa façade ionique de 31 mètres, son péristyle à huit colonnes, et son intérieur richement décoré, incluant une chaire flamande des frères Goyer (1862) et un maître-autel classé depuis 2002. Le quartier des Chartreux, qui tire son nom du monastère, conserve aussi l’ancienne hôtellerie transformée en presbytère. Aujourd’hui, l’église reste un témoignage majeur de l’architecture religieuse marseillaise du XVIIe siècle, alliant héritage cartusien et adaptations paroissiales.