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Église Sainte-Marthe en Seine-Saint-Denis

Église Sainte-Marthe

    118 Avenue Jean Jaurès
    93500 Pantin

Frise chronologique

XIXe siècle
Époque contemporaine
1900
2000
11 janvier 1875
Création de la paroisse
12 mai 1876
Pose de la première pierre
29 juin 1879
Bénédiction partielle
6 décembre 1879
Suppression de la paroisse
1897
Reprise des travaux
3 avril 1898
Bénédiction de l’église
1900
Installation des cloches
6 juillet 1902
Bénédiction du clocher
1905
Loi de séparation
1918
Destruction des vitraux
1925-1927
Nouveaux vitraux
1956
Fresques de Mériel-Bussy
1966
Rattachement à Saint-Denis
2002
Centenaire des orgues
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Personnages clés

Cardinal Joseph Hippolyte Guibert - Archevêque de Paris Crée la paroisse en 1875.
Abbé Escalle - Premier curé Pose la première pierre en 1876.
Abbé Léon Runner - Administrateur (1899-1903) Achève clocher, orgue et presbytère.
George Goldie - Architecte initial Conçoit les premiers plans en 1876.
Édouard Delebarre-Debay - Architecte (1878) Reprend la direction des travaux.
Charles Mutin - Facteur d’orgues Conçoit l’orgue en 1902.
André Mériel-Bussy - Peintre (1902-1984) Auteur des fresques et chemin de croix.
Frères Tournel - Maîtres-verriers Créent les vitraux en 1925-1927.
Achille Runner - Organiste Inaugure l’orgue en 1902.
Cardinal François Richard - Archevêque de Paris Rétablit la paroisse en 1907.

Origine et histoire

L'église Sainte-Marthe des Quatre-Chemins, située à Pantin en Seine-Saint-Denis, est érigée à partir de 1876 dans un contexte politique tendu. Sa création répond à la demande des notables locaux et du cardinal Joseph Hippolyte Guibert pour desservir le quartier ouvrier des Quatre-Chemins. Cependant, les municipalités d’Aubervilliers et de Pantin, craignant une scission communale, s’opposent farouchement au projet, retardant sa réalisation. La première pierre est posée en 1876 par l’abbé Escalle, mais la paroisse est supprimée en 1879, faute d’édifice achevé. Les travaux ne reprennent qu’en 1897, sous l’impulsion de l’abbé Gérard, et l’église est finalement bénie en 1898.

La titulature de l’église rend hommage à Sainte-Marthe, patronne d’une chapelle liée à une filature de coton fondée par Claude Cartier et Marie Bresson, industriels locaux. L’édifice, conçu initialement par l’architecte anglais George Goldie, puis modifié par Édouard Delebarre-Debay et M. Gérard, mêle influences néo-gothiques et symboles religieux marquants. Le clocher, achevé en 1902 sous la direction de l’abbé Léon Runner, domine un portail orné de sculptures et d’inscriptions latines. L’intérieur, richement décoré, inclut des fresques d’André Mériel-Bussy (1956) et des vitraux des frères Tournel (1925-1927), remplaçant ceux détruits en 1918.

L’église abrite un orgue exceptionnel, construit en 1902 par Charles Mutin, successeur de Cavaillé-Coll, avec 860 tuyaux et une console en acajou. Les quatre cloches, fondues en 1900, portent des inscriptions patriotiques et religieuses, reflétant les tensions de l’époque, notamment l’espoir du retour de l’Alsace-Lorraine. Après la loi de 1905 sur la séparation des Églises et de l’État, l’église redevient une paroisse en 1907. Aujourd’hui, elle accueille une communauté multiculturelle, avec des messes en chinois, tamoul et africain, tout en conservant son rôle social et spirituel dans le quartier.

L’ensemble paroissial s’étend autour de l’église, incluant des écoles (Sainte-Marthe et Saint-Joseph), un presbytère, et des œuvres caritatives comme le Secours catholique. Les curés et administrateurs, dont les frères Runner, ont marqué son histoire, tandis que des célébrations, comme le centenaire des orgues en 2002, soulignent son ancrage local. L’architecture, mêlant néogothique et symboles industriels (croix de Lorraine), témoigne de son lien avec l’histoire ouvrière et religieuse de la région.

Les vitraux, peints par Mériel-Bussy et les frères Tournel, illustrent des scènes bibliques et commémorent les soldats de la Grande Guerre. Le mobilier, partiellement conservé (baptistère, stalles), et les fresques post-cubistes du chemin de croix reflètent une volonté d’art sacré accessible. L’église, classée dans le diocèse de Saint-Denis depuis 1966, reste un lieu de culte actif, adapté à la diversité culturelle de la Seine-Saint-Denis.

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