Frise chronologique
15 juin 1911
Pose de la première pierre
Pose de la première pierre
15 juin 1911 (≈ 1911)
Début de la construction actuelle.
3 octobre 1912
Consécration de l'église
Consécration de l'église
3 octobre 1912 (≈ 1912)
Fin des travaux initiaux.
1938
Réalisation des peintures murales
Réalisation des peintures murales
1938 (≈ 1938)
Cycle dédié à sainte Odile.
16 juin 1992
Inscription aux monuments historiques
Inscription aux monuments historiques
16 juin 1992 (≈ 1992)
Protection des peintures murales.
1995
Restauration extérieure
Restauration extérieure
1995 (≈ 1995)
Travaux de conservation.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Cycle de peintures murales consacré à Sainte-Odile (cad. 2 300) : inscription par arrêté du 16 juin 1992
Personnages clés
| Maurice Denis - Peintre |
Auteur des peintures murales (1938). |
| Robert Gall - Peintre collaborateur |
A participé aux décors intérieurs. |
| Claude Voillaume - Peintre collaborateur |
A participé aux décors intérieurs. |
| Charles Gerwig - Architecte |
Concepteur de l'église (1911-1912). |
| Charles Winkler - Architecte (projet non réalisé) |
Projet avorté en 1894. |
Origine et histoire
L'église Sainte-Odile de Lapoutroie, située rue de l'Abbé-Simon, est un édifice religieux construit au début du XXe siècle, entre 1911 et 1912, sous la direction de l'architecte colmarien Charles Gerwig. Elle remplace une église du XVIIIe siècle, détruite par un incendie en 1750 puis reconstruite, mais jugée insuffisante dès 1894. La première pierre fut posée le 15 juin 1911, et l'église fut consacrée le 3 octobre 1912. Son architecture combine des éléments néo-romans, comme le clocher-porche en grès et les voûtes d'ogives, avec des décors intérieurs remarquables.
L'intérieur de l'église abrite un cycle de peintures murales réalisé en 1938 par Maurice Denis, en collaboration avec Robert Gall et Claude Voillaume. Ces œuvres, dédiées à sainte Odile, font de ce lieu un témoignage unique de l'art sacré d'entre-deux-guerres en Alsace. L'édifice, inscrit aux monuments historiques depuis 1992 pour ses peintures, a également subi une restauration extérieure en 1995. Son emplacement actuel, à l'arrière de la mairie, contraste avec celui de l'ancienne église, située sur l'actuel square du monument aux morts.
L'histoire de l'église est marquée par plusieurs reconstructions. Une première église, datée du XIe siècle, disparut en 1502 et fut remplacée grâce au financement du sire de Ribeaupierre. Endommagée en 1728 puis détruite par un incendie en 1750, elle fut reconstruite partiellement en 1751, avec un chœur et un clocher ajoutés après un litige avec l'abbaye de Pairis, décimateur du lieu. Le projet initial de Charles Winkler en 1894 ne vit jamais le jour, laissant place à celui de Gerwig, réalisé par l'entreprise Brutschi de Ribeauvillé.
Architecturalement, l'église se distingue par son mur-pignon en grès appareillé, son portail à voussures et son tympan sculpté, flanqué de deux porches latéraux. Le clocher, orné de deux tourelles d'escalier, domine la structure et est surmonté d'une flèche entourée de clochetons. À l'intérieur, la nef centrale, flanquée de collatéraux voûtés d'ogives, mène à un chœur éclairé par un oculus zénithal. Une tribune occupe la première travée, tandis que des chapelles latérales abritent des autels secondaires.
Le site conserve aussi des traces de son passé liturgique et communautaire. L'ancienne église du XVIIIe siècle, connue par des photographies, présentait une nef percée de fenêtres en plein cintre et un clocher carré surmonté d'un dôme. Son orientation, avec le chœur tourné vers le village, reflétait son intégration dans la vie locale. Aujourd'hui, l'église Sainte-Odile, propriété de la commune, reste un lieu de culte actif et un patrimoine artistique et historique majeur du Haut-Rhin.