Frise chronologique
1028 et 1046
Dons à l'abbaye de Lérins
Dons à l'abbaye de Lérins
1028 et 1046 (≈ 1046)
Libéralités de Laugier Roux pour le prieuré.
fin XIIe - début XIIIe siècle
Construction de l'église
Construction de l'église
fin XIIe - début XIIIe siècle (≈ 1325)
Édification comme prieuré Saint-Jean dépendant de Lérins.
1353
Déclin du prieuré
Déclin du prieuré
1353 (≈ 1353)
Plus qu’un prieur et un moine.
1444
Union à l'abbaye de Lérins
Union à l'abbaye de Lérins
1444 (≈ 1444)
Intégration administrative du prieuré.
1760
Traité de Turin
Traité de Turin
1760 (≈ 1760)
Séparation du village par la frontière.
20 juillet 1942
Classement monument historique
Classement monument historique
20 juillet 1942 (≈ 1942)
Inscription par arrêté ministériel.
1976-1978
Restauration de l'église
Restauration de l'église
1976-1978 (≈ 1977)
Travaux de préservation du patrimoine.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Eglise Sainte-Pétronille : inscription par arrêté du 20 juillet 1942
Personnages clés
| Laugier Roux - Donateur |
Finança des biens pour le prieuré (1028, 1046). |
| Rostaing de Thorame-Castellane - Seigneur local |
Famille construisant le château au XIIIe siècle. |
| Théodore Tardivi - Abbé de Lérins |
Décrit l’église en bon état en 1617. |
| Comte de Savoie - Suzerain à partir de 1388 |
Intègre Roquestéron à ses territoires. |
Origine et histoire
L’église Sainte-Pétronille, située à La Roque-en-Provence (anciennement Roquestéron-Grasse), fut construite à la fin du XIIe ou au début du XIIIe siècle comme église d’un prieuré dépendant de l’abbaye de Lérins. Ce prieuré, mentionné dès le XIe siècle sous le nom de Saint-Jean, bénéficia de dons comme ceux de Laugier Roux en 1028 et 1046, et se vit attribuer l’église Notre-Dames-des-Ferres. Simple édifice de montagne aux moyens limités, il ne comptait plus qu’un prieur et un moine en 1353, avant d’être uni à l’abbaye de Lérins en 1444. L’évêque de Glandèves y joua un rôle clé dans son organisation religieuse.
Au XIIIe siècle, le village de Roquestéron était dominé par le château des Rostaing de Thorame-Castellane, dont subsistent les ruines d’une tour surplombant l’église. Le fief passa sous suzeraineté savoyarde en 1388, puis aux Grimaldi de Bueil en 1438. Le traité de Turin (1760) scinda le village en deux : l’église, désormais française, devint paroissiale sous le nom de La Roque-en-Provence, tandis que la partie savoyarde conservait le nom de Roquestéron. Transformée en belvédère militaire, elle fut surélevée au XVIIIe siècle pour accueillir un chemin de ronde et des ouvertures de tir, traces encore visibles.
L’architecture romane de l’église se caractérise par une nef de trois travées voûtées en berceau, une abside semi-circulaire, et des baies cruciformes. La porte occidentale fut ajoutée tardivement, tandis que la surélévation des murs, marquée par un cordon, témoigne de son adaptation stratégique. Restaurée entre 1976 et 1978, elle conserve des éléments défensifs comme la base du clocher-mur d’origine. Son histoire reflète les tensions frontalières entre la France et la Savoie, ainsi que l’influence des ordres religieux provençaux.
L’abbaye de Lérins, propriétaire du prieuré, joua un rôle majeur dans son développement, comme en attestent les archives de 1028 à 1444. En 1617, l’abbé Théodore Tardivi décrivit la chapelle comme « en fort bon estat », soulignant sa pérennité malgré les bouleversements politiques. Le duc de Savoie, devenu roi de Sardaigne en 1720, influença aussi son destin, notamment via le traité de 1760 qui redessina la frontière le long de l’Estéron. L’église Saint-Érige, construite en 1735 sur la rive savoyarde, marqua définitivement la séparation des deux villages.
Classée monument historique le 20 juillet 1942, l’église Sainte-Pétronille illustre l’entrelacs des pouvoirs religieux, seigneuriaux et militaires en Provence orientale. Son architecture modeste, typique des prieurés de montagne, contraste avec son rôle géopolitique ultérieur. Les restaurations des années 1970 ont permis de préserver ce patrimoine, témoin des mutations territoriales et culturelles entre Alpes-Maritimes et comté de Nice.