Frise chronologique
Date indéterminée (Moyen Âge)
Effondrement partiel
Effondrement partiel
Date indéterminée (Moyen Âge) (≈ 1125)
Tempête détruit nef et crypte.
XIe siècle
Construction initiale
Construction initiale
XIe siècle (≈ 1150)
Fondation par les bénédictins de Saint-Jean-d’Angély.
XIIIe siècle
Fortification partielle
Fortification partielle
XIIIe siècle (≈ 1350)
Chemin de ronde ajouté sous Édouard Ier.
30 août 1890
Classement MH
Classement MH
30 août 1890 (≈ 1890)
Protection au titre des monuments historiques.
1929
Redécouverte de la crypte
Redécouverte de la crypte
1929 (≈ 1929)
Fouilles révélant ossuaire et monnaies carolingiennes.
Années 1960
Restauration controversée
Restauration controversée
Années 1960 (≈ 1960)
Travaux dirigés par Michel Mastorakis.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Eglise Sainte-Radegonde : classement par arrêté du 30 août 1890
Personnages clés
| Édouard Ier d’Angleterre - Duc d’Aquitaine et roi d’Angleterre |
Ordonne la fortification de l’église. |
| André Malraux - Ministre des Affaires culturelles (1959-1969) |
Permet le sauvetage via la loi Malraux. |
| Michel Mastorakis - Architecte des Monuments Historiques |
Dirige la restauration des années 1960. |
| Pierre-Henri Simon - Écrivain et académicien |
Décrit l’église en 1946 comme *« nef ancrée »*. |
Origine et histoire
L’église Sainte-Radegonde, édifiée à partir du XIe siècle par les bénédictins de l’abbaye de Saint-Jean-d’Angély, aurait servi d’étape sur un chemin secondaire de Saint-Jacques-de-Compostelle. Les pèlerins, après Saintes, embarquaient depuis Talmont vers Soulac, sur l’autre rive de la Gironde. Bien que cette hypothèse soit commémorée par une plaque, aucune preuve tangible antérieure au XXe siècle ne confirme son importance réelle.
Au XIIIe siècle, la transformation de Talmont en bastide par Édouard Ier d’Angleterre entraîne la fortification partielle de l’église, notamment par un chemin de ronde au-dessus de l’abside. Cependant, ce ne sont pas les conflits mais une tempête qui cause l’effondrement d’une partie de l’édifice : les deux premières travées de la nef et une section de la crypte sont emportées par la mer. Une nouvelle façade gothique est alors construite, tandis que des travaux de consolidation stabilisent les vestiges.
Classée monument historique en 1890, l’église est sauvée in extremis au XXe siècle grâce à l’intervention d’André Malraux. Menacée par l’érosion de la falaise, elle bénéficie de la loi Malraux (1962), permettant des travaux majeurs dirigés par l’architecte Michel Mastorakis. Ces restaurations, controversées, suppriment les ajouts post-médiévaux (comme le chemin de ronde) et reconstituent des sculptures romanes pour harmoniser l’édifice. La crypte-ossuaire, redécouverte en 1929, révèle une structure en forme de navire et des monnaies carolingiennes.
L’intérieur, sobre, conserve un plan réduit (nef unique, transept et abside voûtée) après les destructions. Le mobilier inclut un christ en bois vandalisé puis restauré (1995) et une frégate ex-voto du XIXe siècle. À l’extérieur, la façade nord, typiquement saintongeais, illustre des thèmes médiévaux (l’enfer, le paradis, la solidarité chrétienne) par ses sculptures. Le cimetière marin adjacent, classé en 1934, témoigne de l’histoire locale avec ses cénotaphes du XVIIIe siècle et sa division passée entre catholiques et protestants.
Symbole de résistance face aux éléments, l’église inspire l’écrivain Pierre-Henri Simon (1946), qui la décrit comme « la nef ancrée sur les flots ». Son sauvetage, lié à la sensibilité patrimoniale d’André Malraux, en fait aujourd’hui un emblème du roman saintongeais et un lieu de mémoire des pèlerinages maritimes médiévaux, malgré les incertitudes historiques sur leur ampleur.