Frise chronologique
800-830
Construction de la chapelle carolingienne
Construction de la chapelle carolingienne
800-830 (≈ 815)
Première chapelle dans le quartier des vignerons.
912
Première mention écrite
Première mention écrite
912 (≈ 912)
Cartulaire de l’abbaye de Gorze.
vers 1250
Reconstruction gothique
Reconstruction gothique
vers 1250 (≈ 1250)
Chœur et nef actuels édifiés.
1470-1500
Ajout du porche flamboyant
Ajout du porche flamboyant
1470-1500 (≈ 1485)
Agrandissement de l’église médiévale.
1896-1898
Transformation néo-gothique
Transformation néo-gothique
1896-1898 (≈ 1897)
Façade et nef refaites par Conrad Wahn.
1903
Porte de bronze du portail
Porte de bronze du portail
1903 (≈ 1903)
Œuvre d’Eugène Vallin.
1981
Premier classement partiel
Premier classement partiel
1981 (≈ 1981)
Protection au titre des monuments historiques.
2013
Classement en totalité
Classement en totalité
2013 (≈ 2013)
Protection étendue à l’ensemble du bâtiment.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Léglise en totalité avec le sol de la parcelle sur laquelle elle se situe, incluant les cours adjacentes, les clôtures et le mur de soutènement, tels que représentés sur le plan annexé à l'arrêté (cad. 22 35, 60, 62) : classement par arrêté du 1er avril 2014
Personnages clés
| Conrad Wahn - Architecte |
Dirigea la transformation néo-gothique (1896-1898). |
| Auguste Dujardin - Sculpteur |
Réalisa les sculptures des portails. |
| Eugène Vallin - Artiste verrier et serrurier |
Auteur de la porte de bronze (1903). |
| Laurent-Charles Maréchal - Verrier messin |
Créa des vitraux du chœur (1848-1855). |
| Dalstein-Haerpfer - Facteur d’orgues |
Conçut l’orgue en 1890. |
Origine et histoire
L’église Sainte-Ségolène, située place Jeanne-d’Arc à Metz, trouve ses origines au IXe siècle avec une chapelle carolingienne construite entre 800 et 830 dans le quartier des vignerons d’Aiest. Une mention écrite de 912, dans un cartulaire de l’abbaye de Gorze, atteste son existence précoce. De cette première construction, seule une crypte subsiste sous le chœur actuel. Le culte de sainte Ségolène, une figure albigeoise du VIIe siècle, s’implante tôt en Lorraine, expliquant la dédicace de l’édifice.
Au XIIIe siècle, l’urbanisation du quartier rend l’église carolingienne trop exiguë. Une reconstruction en style gothique débute vers 1250, simultanément à la cathédrale Saint-Étienne. Le chœur, deux absidioles et les trois premières travées de la nef, bâtis en pierre de Jaumont, datent de cette période. Entre 1470 et 1500, un porche gothique flamboyant est ajouté, agrandissant l’édifice. Des fresques des XIIIe-XVIe siècles, découvertes en 1850 mais disparues en 1898, témoignaient de cette riche histoire médiévale.
La transformation la plus radicale intervient entre 1896 et 1898 sous la direction de l’architecte allemand Conrad Wahn, durant l’Annexion. Seuls le chœur et les trois premières travées sont préservés : la nef est agrandie, le porche et le clocher du XVe siècle détruits, remplacés par une façade néo-gothique à trois portails et deux flèches jumelles, inspirée de l’église Sainte-Élisabeth de Marbourg. Les sculptures des portails sont réalisées par Auguste Dujardin, déjà actif à la cathédrale Saint-Étienne, tandis qu’Eugène Vallin de Nancy conçoit la porte de bronze du portail central (1903).
L’intérieur conserve des éléments gothiques messins du XIIIe siècle, visibles dans les piliers, fenêtres et chapiteaux du chœur. Parmi les œuvres remarquables figurent deux statues du XVe siècle (saints Ferréol et Ferjeux), une statue en bois stuqué de sainte Ségolène (XVIe siècle), et des vitraux allant du XIIe au XIXe siècle. Le plus ancien, une crucifixion rhénane du XIIe siècle dans la chapelle de la Vierge, est considéré comme le plus vieux vitrail de Lorraine. D’autres vitraux, comme ceux des donateurs Jean Bataille (XVe siècle) ou ceux de Laurent-Charles Maréchal (1848-1855), complètent cet ensemble.
L’orgue, construit en 1890 par Dalstein-Haerpfer de Boulay, compte 31 jeux. Bien que partiellement restauré en 2000 par Laurent Plet pour un usage pédagogique, il nécessite une restauration complète. L’église, classée monument historique en totalité depuis 2013, abrite aujourd’hui la paroisse franco-polonaise de Metz. Son clocher compte sept cloches de volée, et sa façade, malgré ses remaniements, reste un exemple marquant de l’éclectisme architectural lorrain.