Origine et histoire de l'Église Sainte-Ségolène
L’église Sainte-Ségolène, située place Jeanne-d’Arc à Metz, trouve ses origines au IXe siècle avec une chapelle carolingienne construite entre 800 et 830 dans le quartier des vignerons d’Aiest. Une mention écrite de 912, dans un cartulaire de l’abbaye de Gorze, atteste son existence précoce. De cette première construction, seule une crypte subsiste sous le chœur actuel. Le culte de sainte Ségolène, une figure albigeoise du VIIe siècle, s’implante tôt en Lorraine, expliquant la dédicace de l’édifice.
Au XIIIe siècle, l’urbanisation du quartier rend l’église carolingienne trop exiguë. Une reconstruction en style gothique débute vers 1250, simultanément à la cathédrale Saint-Étienne. Le chœur, deux absidioles et les trois premières travées de la nef, bâtis en pierre de Jaumont, datent de cette période. Entre 1470 et 1500, un porche gothique flamboyant est ajouté, agrandissant l’édifice. Des fresques des XIIIe-XVIe siècles, découvertes en 1850 mais disparues en 1898, témoignaient de cette riche histoire médiévale.
La transformation la plus radicale intervient entre 1896 et 1898 sous la direction de l’architecte allemand Conrad Wahn, durant l’Annexion. Seuls le chœur et les trois premières travées sont préservés : la nef est agrandie, le porche et le clocher du XVe siècle détruits, remplacés par une façade néo-gothique à trois portails et deux flèches jumelles, inspirée de l’église Sainte-Élisabeth de Marbourg. Les sculptures des portails sont réalisées par Auguste Dujardin, déjà actif à la cathédrale Saint-Étienne, tandis qu’Eugène Vallin de Nancy conçoit la porte de bronze du portail central (1903).
L’intérieur conserve des éléments gothiques messins du XIIIe siècle, visibles dans les piliers, fenêtres et chapiteaux du chœur. Parmi les œuvres remarquables figurent deux statues du XVe siècle (saints Ferréol et Ferjeux), une statue en bois stuqué de sainte Ségolène (XVIe siècle), et des vitraux allant du XIIe au XIXe siècle. Le plus ancien, une crucifixion rhénane du XIIe siècle dans la chapelle de la Vierge, est considéré comme le plus vieux vitrail de Lorraine. D’autres vitraux, comme ceux des donateurs Jean Bataille (XVe siècle) ou ceux de Laurent-Charles Maréchal (1848-1855), complètent cet ensemble.
L’orgue, construit en 1890 par Dalstein-Haerpfer de Boulay, compte 31 jeux. Bien que partiellement restauré en 2000 par Laurent Plet pour un usage pédagogique, il nécessite une restauration complète. L’église, classée monument historique en totalité depuis 2013, abrite aujourd’hui la paroisse franco-polonaise de Metz. Son clocher compte sept cloches de volée, et sa façade, malgré ses remaniements, reste un exemple marquant de l’éclectisme architectural lorrain.