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Église Sainte-Thérèse-du-Landais à Brest dans le Finistère

Église Sainte-Thérèse-du-Landais

    57 Boulevard Commandant Mouchotte
    29200 Brest
Propriété de la commune

Frise chronologique

XIXe siècle
Époque contemporaine
1900
2000
1948
Plan de reconstruction de Brest
27 août 1956
Création de la paroisse
1957-1959
Construction de l'église
10 octobre 1959
Consécration de l'édifice
23 novembre 2006
Label Patrimoine du XXe siècle
15 février 2019
Inscription aux monuments historiques
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

L’église Sainte-Thérèse-du-Landais, en totalité, située boulevard du commandant Mouchotte (cad. CM 54) : inscription par arrêté du 15 février 2019

Personnages clés

Jean-Baptiste Mathon - Architecte urbaniste Auteur du plan de 1948.
Jean Marzin - Architecte co-concepteur Responsable des plans avec Freyssinet.
Louis Freyssinet - Architecte principal Premier travail connu, structure en béton.
Père Vey - Recteur de la paroisse Collabora à la conception centrée.
André Bouler - Prêtre et artiste jésuite Créateur des vitraux abstraits.
Monseigneur Fauvel - Évêque de Brest Consacra l'église en 1959.
Jacques Juteau - Maître-verrier Réalisa techniquement les vitraux.

Origine et histoire

L'église Sainte-Thérèse-du-Landais, située à Brest dans le quartier du Landais, fut construite entre 1957 et 1959 dans le cadre de la reconstruction de la ville après la Seconde Guerre mondiale. Ce projet visait à doter ce secteur, alors en pleine urbanisation après avoir accueilli des baraquements provisoires, d’un lieu de culte moderne. Le quartier, peu développé avant 1940, devint un espace clé pour reloger les Brestois sinistrés et les travailleurs affluant pour les chantiers de reconstruction. Le plan de 1948 de l’architecte Jean-Baptiste Mathon prévoyait déjà un édifice religieux à cet emplacement stratégique, à l’intersection d’axes menant vers Recouvrance et le pont de l'Harteloire.

La construction fut confiée aux architectes Jean Marzin et Louis Freyssinet, avec une décoration intérieure signée par le prêtre jésuite André Bouler. L’église, de style résolument moderne, se distingue par sa structure cylindrique de 30 mètres de diamètre, soutenue par vingt piliers de béton et recouverte de schiste. Son clocher indépendant, une tour ajourée en béton brut, est relié à l’édifice par une galerie. À l’intérieur, l’autel excentré et une verrière abstraite de 170 mètres, réalisée par Bouler, créent une ambiance propice au recueillement, rompant avec l’académisme traditionnel.

L’église fut d’abord labellisée « Patrimoine du XXe siècle » en 2006, puis inscrite aux monuments historiques en 2019, reconnaissant ainsi sa valeur architecturale et historique. Elle incarne la volonté de renouveau spirituel et urbain de Brest après la guerre, avec une approche artistique innovante, influencée par des figures comme le Père Couturier. Les vitraux, conçus comme une « symphonie en quatre mouvements » par André Bouler, reflètent cette quête de modernité, mêlant couleurs et lumière pour guider la méditation des fidèles.

Le quartier du Landais, où s’élève l’église, fut l’un des cinq nouveaux secteurs paroissiaux créés à Brest pour répondre à l’expansion démographique post-guerre. La paroisse, officiellement établie en 1956, s’inscrit dans un doyenné regroupant Recouvrance et Kerbonne, illustrant la réorganisation religieuse liée à la reconstruction. Le terrain fut cédé par Louis Vieille et son épouse, et les plans, élaborés en collaboration avec le recteur père Vey, privilégiaient un espace centré pour favoriser la proximité avec les fidèles.

L’édifice, construit par l’entreprise Quéméneur pour 67 millions de francs, fut consacré en 1959 par Monseigneur Fauvel. Avec une capacité de 600 places, il précède le concile Vatican II et s’inspire des préceptes du Père Couturier, combinant art sacré et rupture avec les canons traditionnels. Les vitraux, réalisés en collaboration avec le maître-verrier Jacques Juteau, utilisent 11 800 pièces de verre et une tonne de plomb, formant un bandeau continu de 163 m2. Leur composition, abstraite et musicale, s’articule autour de quatre zones colorées évoquant une symphonie, avec une phrase de sainte Thérèse de Lisieux gravée : « Que je ne cherche et ne trouve jamais que Toi seul ».

Enfin, l’église Sainte-Thérèse-du-Landais témoigne de l’audace architecturale et spirituelle de l’après-guerre, où béton, schiste et lumière se conjuguent pour créer un lieu de culte à la fois fonctionnel et poétique. Son inscription aux monuments historiques en 2019 consacre son rôle dans le patrimoine brestois, entre mémoire de la reconstruction et héritage artistique moderne.

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