Frise chronologique
960
Fondation du prieuré
Fondation du prieuré
960 (≈ 960)
Cession de terres par le seigneur de Beaujeu.
XIIe siècle (milieu)
Construction de l'église romane
Construction de l'église romane
XIIe siècle (milieu) (≈ 1250)
Édification par les moines bénédictins.
1862
Classement monument historique
Classement monument historique
1862 (≈ 1862)
Première liste des monuments protégés.
1893
Vitraux du chœur par Bégule
Vitraux du chœur par Bégule
1893 (≈ 1893)
Représentations religieuses en verre coloré.
2019
Classement du cloître et bâtiments
Classement du cloître et bâtiments
2019 (≈ 2019)
Protection étendue aux vestiges conventuels.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Église de Salles : classement par liste de 1862 ; Le cloître du prieuré en totalité avec la salle capitulaire et l'ancien parloir, la cour et les murs l'entourant ainsi que la maison formant l'angle sud-est dudit cloître qui le prolonge et qui inclut les restes de la tour des archives, le tout situé 100 rue du Chapitre au Bourg de Salles (cad. U 169, 170, 171et non cadastré) : inscription par arrêté du 24 septembre 2019
Personnages clés
| Seigneur de Beaujeu - Donateur des terres |
Fonde le prieuré en 960. |
| Bégule - Artisan verrier |
Auteur des vitraux (1893). |
| William Adolphe Bouguereau - Peintre académique |
Auteur du tableau *La Vierge consolatrice* (copie). |
| Chanoinesses du chapitre de Salles - Communauté religieuse féminine |
Utilisatrices de l’église jusqu’au XIXe. |
Origine et histoire
L'église Saint-Martin de Salles-Arbuissonnas-en-Beaujolais, classée monument historique dès 1862, trouve ses origines au Xe siècle. En 960, le seigneur de Beaujeu cède des terres permettant l'installation d’un prieuré bénédictin sous l’autorité de Cluny. Au XIIe siècle, les moines y érigent une église romane à plan en croix latine, typique de l’architecture clunisienne, ainsi qu’un cloître et des bâtiments conventuels (salle capitulaire, dortoir, cellier). L’édifice, remanié au fil des siècles, conserve des éléments médiévaux comme son clocher à trois niveaux et son portail orné de chapiteaux feuillagés.
L’église, utilisée par les chanoinesses du chapitre de Salles, abrite un mobilier liturgique classé depuis 1983, incluant des stalles du XVIIIe siècle, une poutre de gloire en fer forgé, et des statues des XIXe et XXe siècles. Les vitraux du chœur, réalisés par Bégule en 1893, illustrent des scènes religieuses comme Saint Martin et Saint Anne enseignant la Vierge. Le patrimoine mobilier reflète aussi la présence des chanoinesses, avec une horloge dans le transept et un vitrail représentant leur croix stylisée (1843).
Le clocher, datant de la première moitié du XIIe siècle, surmonte la croisée du transept et se distingue par ses trois niveaux quadrangulaires : une base aveugle, un étage percé de baies en plein cintre, et une arcature à claire-voie. Son toit plat à quatre pans est caractéristique des églises beaujolaises de l’époque. L’abside, remaniée au XIXe siècle, conserve une corniche à consoles et des pignons en pierre de taille, remplaçant d’anciennes arcatures lombardes. Le sol incliné et l’escalier chantourné de l’entrée ajoutent à son originalité.
Le prieuré, fondé sous l’impulsion de Cluny, illustre l’influence des bénédictins dans la région. Les bâtiments conventuels, partiellement conservés (salle capitulaire, parloir), ont été classés en 2019 avec le cloître et ses murs d’enceinte. L’église, propriété communale et privée, reste un témoignage majeur de l’art roman en Beaujolais, mêlant héritage médiéval et ajouts postérieurs comme le tableau de Bouguereau (copie de La Vierge consolatrice, 1825) ou les lustres du XIXe siècle.
Les chanoinesses, communauté religieuse féminine, ont marqué l’histoire du lieu. Leur présence est attestée par les stalles en chêne sculpté (XXIII exemplaires, XVIIIe siècle), chacune ornée d’une miséricorde, et par des éléments symboliques comme leur devise gravée sur un vitrail. L’horloge de la croisée du transept, probablement liée à leurs offices, rappelle leur rôle dans la vie liturgique et sociale du prieuré jusqu’à sa disparition.