Origine et histoire de l'Église Toussaints
L’église Toussaints, initialement église du collège Saint-Thomas, fut édifiée entre 1624 et 1651 à Rennes sous la direction de trois architectes jésuites : Étienne Martellange, Charles Turmel et Pierre Goict. De style baroque contre-réforme, elle remplaça en 1803 l’ancienne église paroissiale de Toussaints, détruite après un incendie en 1793. Son retable principal, attribué à Charles Turmel (1653), et ses retables lavallois (1679) témoignent de son riche patrimoine artistique.
La chapelle originelle de Toussaints, attestée dès le Xe siècle, appartenait à des ermites augustiniens avant de devenir une paroisse dépendant de la vicomté de Rennes. Reconstruite aux XVe–XVIe siècles après plusieurs effondrements (1482, 1513, 1715), elle fut définitivement démolie entre 1801 et 1807. L’actuelle église, classée monument historique en 1922, conserve des traces de son passé jésuite, comme la tribune dite « du proviseur », accessible depuis le lycée Émile-Zola jusqu’aux années 1970.
Pendant la Révolution, l’église du collège servit de lieu de serment pour des officiers (1789) puis devint école centrale (1795). Après 1803, des modifications furent apportées (baptistère, collatéraux, sacristie) pour son usage paroissial. Restaurée en 1834 par Joseph Antoine Léofanti, puis au XXe siècle par Raymond Cornon, elle abrite aujourd’hui la paroisse Toussaints Sainte-Famille, ainsi qu’une chapelle orthodoxe dédiée à saint Jean de Cronstadt dans son flanc gauche.
Un événement marquant de son histoire récente fut la rixe du 20 décembre 2019, où un adolescent tira des coups de feu (arme non retrouvée) lors d’une bagarre entre lycéens près de l’église. Cet incident, filmé et viralisé, souligna les tensions autour du lycée voisin. L’édifice, propriété de la commune, reste un symbole du patrimoine religieux et architectural rennais, mêlant héritage jésuite, baroque et histoire locale.
Les plans originaux, conservés à la BnF, révèlent l’évolution du projet : Martellange initia une façade sobre, tandis que Turmel ajoutait colonnes, pilastres et frontons, typiques de la Contre-Réforme. Les voûtes (arêtes pour la nef, ogives pour les bas-côtés) et la coupole du transept illustrent cette influence. Classée depuis 1922, l’église fut aussi restaurée entre 2013 et 2015, préservant son décor sculpté et ses armoiries.