Frise chronologique
XIVe siècle (vers 1380)
Fondation par les Génois
Fondation par les Génois
XIVe siècle (vers 1380) (≈ 1450)
Construction du *Castello della Bastia* par Lomellini.
1475
Naissance de Terra Nova
Naissance de Terra Nova
1475 (≈ 1475)
20 maisons bâties par Tagliacarne.
1575–1626
Reconstruction des fortifications
Reconstruction des fortifications
1575–1626 (≈ 1601)
Remparts et citernes modernisés.
XVe–XVIe siècles
Extension des remparts
Extension des remparts
XVe–XVIe siècles (≈ 1650)
Bastions et palais des Gouverneurs édifiés.
1775
Porte Louis XVI
Porte Louis XVI
1775 (≈ 1775)
Reconstruction de la porte monumentale.
1977
Classement MH
Classement MH
1977 (≈ 1977)
Façades du palais des Gouverneurs protégées.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Les façades et toitures de l'ancien palais des Gouverneurs de la citadelle (cad. AO 412, 460) : classement par arrêté du 14 janvier 1977 ; Les parties désignées ci-dessous de l'ensemble immobilier dénommé "enceinte urbaine fortifiée dite citadelle de Bastia", incluant les remparts et bastions, les glacis, les portes et voies d'accès, les chemins de ronde, poudrières et magasins, ainsi que sa porte monumentale, le palais des Nobles Douze et le corps de garde qui font corps avec elle, selon l'emprise figurée sur le plan annexé à l'arrêté. Cet ensemble figure au cadastre section AO sur les parcelles n° 166, 167, 168, 169, 170, 171 (murs arrières des commerces sis cours Favale), 231 (place des Turquines), 232 (place des Turquines, à savoir le mur de courtine faisant office de soutènement de l'immeuble), 236, 245, 246, 254 (citadelle), 412 (4 rue Saint-Michel), 451, 453, 461, 550, 551, 596, 597, 598 (citadelle) ainsi que la voirie communale non cadastrée et le domaine public maritime : inscription par arrêté du 15 mars 2023
Personnages clés
| Leonello Lomellini - Gouverneur génois |
Fonda le *Castello della Bastia* (1380). |
| Antonio Tagliacarne - Podestà (maire) |
Urbanisa Terra Nova (1475). |
| Paulu Zerbi - Podestà (1582–1635) |
Propriétaire de la maison Zerbi. |
| Mgr Giustiniani - Évêque de Mariana |
Acquit le palais épiscopal (1660). |
Origine et histoire
La citadelle de Bastia, appelée A Citatella en corse, fut fondée au XIVe siècle par les Génois après l’incendie du château de Biguglia. En 1380, le gouverneur Leonello Lomellini y érigea un premier fort, Castello della Bastia, sur un promontoire surplombant deux ports : Portu Cardu (actuel Vieux-Port) et Portu Vechju (anse de Ficaghjola). Ce site stratégique devint le noyau de la future Terra Nova, opposée à Terra Vechja (Vieux-Port). La tour du Fortino, aujourd’hui disparue, inspira même les armoiries de la ville.
Au XVe siècle, le podestà Antonio Tagliacarne fit construire une vingtaine de maisons autour du fort, formant les premières rues (actuelles rue Notre-Dame et rue de la Paroisse). La citadelle s’étendit avec des remparts, un palais des Gouverneurs (achevé au XVIe siècle), et des bastions reconstruits entre 1575 et 1626. Symbole du pouvoir génois, le palais abritait aussi une cour de justice et une prison. La porte monumentale, dite Porte Louis XVI (1775), et les remparts sont inscrits aux monuments historiques depuis 1935 et 2023.
La citadelle abrite deux édifices religieux classés : la cathédrale Sainte-Marie (baroque, XVIIe–XVIIIe siècles), ancienne église Santa Maria l’Arrimbata, et l’oratoire Sainte-Croix (XVIe siècle), célèbre pour son Christ noir miraculeux. Le palais des Gouverneurs, transformé en caserne sous Napoléon, accueille aujourd’hui le Musée d’Ethnographie corse. Les bastions (San Giovanni, San Carlo, etc.) et les citernes souterraines, comme celle de la Chjappa (accessible depuis 2020), rappellent l’ingénierie militaire génoise.
Les rues de la citadelle, aux noms bilingues (ex. Strada Dritta pour rue Notre-Dame), reflètent son héritage génois. La Piazza di Corte (place du Donjon) était le cœur administratif, entourée de la Casetta (ancien hôtel de ville), du palais des Nobles Douze (institution corse du XVIIIe siècle), et de la maison Zerbi (ancien vicariat). Des éléments comme la potence sur les remparts ou le couvent Sainte-Claire, devenu prison, témoignent de son rôle judiciaire et carcéral.
Au XVIIIe siècle, après la chute de Gênes, les Français renommèrent des lieux (ex. Donjon pour le palais des Gouverneurs) et militarisèrent le site. Aujourd’hui, la citadelle allie patrimoine architectural (façades classées en 1977), muséal et urbain, avec une signalétique réhabilitant les noms corses. Ses remparts, partiellement privatisés, offrent une vue sur le Vieux-Port et la mer, rappelant son origine de place forte commerciale et défensive.