Origine et histoire de l'enceinte gallo-romaine
L’enceinte gallo-romaine de Nantes, construite vers 276 sous l’empereur Tacite et achevée par Probus, ceignait la ville antique de Portus Namnetum (actuel quartier Bouffay). Longue de 1 665 mètres, elle intégrait des tours circulaires et des poternes, avec des parements en petit appareil typique du Bas-Empire. Ses fondations, composées de moellons et de briques noyées dans du mortier, reflètent les techniques romaines de l’époque, visibles aujourd’hui dans les vestiges près de la cathédrale et du couvent des Cordeliers.
Au IXe siècle, l’enceinte ne résista pas aux attaques normandes, entraînant sa reconstruction partielle au Xe siècle par l’évêque Foucher, puis sa destruction répétée. Au XIIIe siècle, Guy de Thouars et Pierre Mauclerc, duc de Bretagne, démantelèrent une grande partie des murs romains pour ériger de nouvelles fortifications médiévales. Seuls les tronçons longeant l’Erdre et la Loire subsistèrent jusqu’à l’époque moderne, avant de disparaître progressivement avec l’expansion urbaine.
Les vestiges actuels se limitent à trois sites : la porte Saint-Pierre (classée en 1926), un tronçon de 18 mètres dans la cour de l’école Saint-Pierre, et un élément exposé au Musée d’histoire de Nantes. Ces reliques, dont certaines furent fouillées au début du XXe siècle, illustrent l’évolution défensive de la ville, des invasions barbares du IIIe siècle aux raids normands. La chapelle médiévale creusée dans l’enceinte, classée monument historique, témoigne de sa réutilisation ultérieure.
La construction de l’enceinte répondait à un besoin urgent de protection face aux invasions du IIIe siècle, comme en attestent les bornes milliaires datant de 276. Son tracé, jalonné de tours de 8 mètres de diamètre, épousait les contours naturels de la Loire et de l’Erdre, intégrant des portes stratégiques comme celle de Saint-Pierre. Les techniques de construction, combinant moellons équarris et chaînages de briques, étaient similaires à celles observées dans d’autres villes de l’Empire, de Londres à Constantinople.
Au Moyen Âge, l’enceinte perdit progressivement son rôle défensif au profit de remparts en terre (comme celui élevé par Alain Barbe-Torte vers 940) ou de murs médiévaux. Les démolitions successives, notamment pour agrandir la cathédrale au Xe siècle, réduisirent son emprise. Au XIXe siècle, les derniers vestiges visibles (place du Bouffay, rue Saint-Léonard) disparurent, ne laissant que les fragments actuels, protégés pour leur valeur historique et architecturale.