Frise chronologique
Néolithique récent
Période principale d'occupation
Période principale d'occupation
Néolithique récent (≈ 4100 av. J.-C.)
Culture de Peu-Richard et aménagements majeurs.
Bronze ancien
Occupation résiduelle
Occupation résiduelle
Bronze ancien (≈ 1500 av. J.-C.)
Fossés comblés, palissades nord.
1971
Découverte du site
Découverte du site
1971 (≈ 1971)
Par Maurice Marsac via photographie aérienne.
1975-1985
Fouilles archéologiques
Fouilles archéologiques
1975-1985 (≈ 1980)
Dirigées par Roger Joussaume sur dix campagnes.
26 juillet 1990
Inscription aux Monuments Historiques
Inscription aux Monuments Historiques
26 juillet 1990 (≈ 1990)
Protection officielle du site archéologique.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Enceinte préhistorique de Champ-Durand (cad. AN 47, 48, 51 à 53, 55 à 70, 116, 117 ; ZP 36 à 38, 48, 53, 82 à 85) : inscription par arrêté du 26 juillet 1990
Personnages clés
| Maurice Marsac - Découvreur du site |
Identification par photographie aérienne en 1971. |
| Roger Joussaume - Archéologue responsable des fouilles |
Dirigea dix campagnes de 1975 à 1985. |
Origine et histoire
L'enceinte préhistorique de Champ-Durand est un site archéologique majeur situé à Nieul-sur-l'Autise, dans le département de la Vendée (Pays de la Loire). Découvert en 1971 par Maurice Marsac grâce à des photographies aériennes, il fut fouillé entre 1975 et 1985 sous la direction de Roger Joussaume. Le site, inscrit aux monuments historiques en 1990, se compose d’une triple enceinte quasi circulaire de 250 mètres de diamètre, délimitée par trois fossés parallèles interrompus, probablement barrés par des murailles. Ces fossés, creusés à l’aide de pics en bois de cerf, représentent un chantier monumental de 1,5 km de long, avec des parois renforcées par des murs de pierres extraites sur place.
Le site fut occupé principalement au Néolithique récent par la culture de Peu-Richard, puis brièvement au Néolithique final et au Bronze ancien, période durant laquelle les fossés étaient déjà comblés. Les fouilles ont révélé cinq zones de sépultures dans le deuxième fossé, contenant huit corps, dont des tombes doubles et simples. Les ossements présentent des traumatismes suggérant des pratiques funéraires particulières, comparables à celles observées sur le site voisin des Châtelliers-de-Vieil-Auzay. Le matériel archéologique inclut des haches polies, des pointes de flèches en silex, des céramiques campaniformes, des meules, et un outillage en os et bois de cerf, indiquant des activités agricoles, artisanales et peut-être commerciales.
L’habitat semble avoir été adossé à la muraille interne, tandis que l’espace central servait à la vie communautaire et au parcage des animaux. Les occupants, des agriculteurs-éleveurs (bœufs, porcs, chèvres, moutons), pratiquaient aussi la chasse et la pêche de manière accessoire. Une étude des ossements animaliers révèle que le site était un centre d’abattage de bovidés, pouvant accueillir un marché. La trépanation d’un crâne de bovidé et la rareté des ossements sauvages suggèrent une économie principalement domestique. Selon Roger Joussaume, l’occupation du site n’était peut-être pas permanente.
Les fossés, de profondeur et largeur décroissantes vers l’extérieur, étaient initialement renforcés par des murs de pierres prolongés en élévation sur 2,5 à 3 mètres. Des aménagements ultérieurs, comme des palissades au Bronze ancien dans la partie nord, indiquent des adaptations fonctionnelles au fil du temps. Les céramiques retrouvées, typiques du Néolithique récent du Seuil de Poitou et du Peu-Richardien maritime, montrent des liens avec d’autres sites mégalithiques de Vendée, des Deux-Sèvres et du Maine-et-Loire. Certaines pourraient être liées à l’exploitation du sel marin.
L’enceinte de Champ-Durand illustre une organisation sociale complexe, avec des espaces dédiés aux vivants et aux morts, et une gestion collective des ressources. Son abandon progressif, marqué par l’effondrement des murailles et le comblement des fossés, coïncide avec l’évolution des pratiques culturelles entre le Néolithique final et le Bronze ancien. Le site, partiellement acquis par le Conseil général de la Vendée, reste un témoignage exceptionnel des sociétés préhistoriques de l’Ouest de la France.