Frise chronologique
Âge du bronze ou Âge du fer
Période estimée de construction
Période estimée de construction
Âge du bronze ou Âge du fer (≈ 1500 av. J.-C.)
Datation probable mais non confirmée.
1813-1859
Mention cadastrale napoléonienne
Mention cadastrale napoléonienne
1813-1859 (≈ 1836)
« Sente du château Robert » sur le cadastre.
1911
Première description scientifique
Première description scientifique
1911 (≈ 1911)
Par Léon Coutil, archéologue local.
8 juin 1945
Classement monument historique
Classement monument historique
8 juin 1945 (≈ 1945)
Arrêté de protection des vestiges.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Enceinte préhistorique du Château-Robert (cad. B 72) : classement par arrêté du 8 juin 1945
Personnages clés
| Léon Coutil - Archéologue |
Auteur de la première description en 1911. |
| Abbé Lebeurier - Historien local |
A réalisé un dessin de situation. |
Origine et histoire
L'enceinte préhistorique du Château-Robert est un site archéologique situé sur la rive droite de l'Eure, dominant la commune d'Acquigny dans le département de l'Eure. Ce monument, classé au titre des monuments historiques le 8 juin 1945, se présente sous la forme d’un éperon barré, un type de fortification typique de la Préhistoire. Il occupe l’extrémité d’un éperon naturel formé par la vallée de l’Eure et le vallon de Gruchet, à près de 100 mètres au-dessus de la vallée. Le site est aujourd’hui entièrement boisé et situé sur une propriété privée.
La première description scientifique du site remonte à 1911, réalisée par Léon Coutil. Malgré cette mention précoce, l’enceinte reste sous-étudiée, et sa datation précise pose toujours question. Les spécialistes estiment généralement qu’elle remonte à l’Âge du bronze ou à l’Âge du fer, comme d’autres enceintes similaires en Normandie, telles que celle de Brionne (le camp du Vigneron). L’absence de vestiges archéologiques représentatifs rend toute datation plus précise difficile.
Le site se compose d’un grand rempart de terre en arc de cercle, long d’environ 100 mètres, muni d’une porte. Ce talus, haut de 15 mètres, est précédé d’un fossé profond de 4 à 6 mètres, partiellement comblé par les sédiments. À l’intérieur de l’enceinte principale, d’autres levées de terre ou amas de pierres sèches délimitent des espaces plus réduits. En contrebas, sur un replat de la pente, se trouvent les vestiges arasés d’un manoir médiéval, le manoir de Cambremont, attestant d’une occupation ultérieure des lieux. Le cadastre napoléonien (1813-1859) mentionne explicitement une « sente du château Robert » sur la parcelle 189, confirmant la pérennité topographique du nom.
L’abbé Lebeurier a proposé un dessin de situation des lieux, contribuant à la documentation historique du site. Malgré son classement en 1945, l’enceinte du Château-Robert reste méconnue du grand public, en raison de son accessibilité limitée (propriété privée) et de l’absence d’études archéologiques approfondies. Son intérêt réside cependant dans son illustration des techniques de fortification préhistoriques et de l’occupation ancienne des vallées normandes.
En Normandie, ce type d’enceinte en hauteur est relativement courant, bien que mal daté. Les comparaisons avec des sites voisins, comme celui de Brionne, suggèrent une fonction défensive ou symbolique, liée au contrôle des voies de communication fluviales ou terrestres. La vallée de l’Eure, axe naturel de circulation, aurait pu justifier l’implantation de tels retranchements, bien que leur usage exact (refuge, lieu de pouvoir, ou simple marqueur territorial) reste débattu en l’absence de fouilles exhaustives.