Frise chronologique
1555
Construction du calvaire
Construction du calvaire
1555 (≈ 1555)
Première campagne en kersanton, statue de saint Germain.
1530–1583
Début de la construction de l'église
Début de la construction de l'église
1530–1583 (≈ 1557)
Consécration en 1583, transepts datés de 1564.
1588–1642
Achèvement de l'église
Achèvement de l'église
1588–1642 (≈ 1615)
Tour-porche Renaissance, interruptions par les guerres.
1650
Ajouts au calvaire
Ajouts au calvaire
1650 (≈ 1650)
Scènes supplémentaires par Julien Ozanne (Brest).
1738
Déplacement du calvaire
Déplacement du calvaire
1738 (≈ 1738)
Modification du soubassement pour faciliter l’accès.
2015
Restauration du calvaire
Restauration du calvaire
2015 (≈ 2015)
Fin des travaux, révélation des polychromies originales.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Eglise (cad. AE 125) : classement par liste de 1846 ; Calvaire : classement par liste de 1875 ; Ossuaire : classement par arrêté du 21 décembre 1914
Personnages clés
| Alain Kergadalen - Recteur de Pleyben |
Commanditaire des transepts en 1564. |
| Julien Ozanne - Architecte brestois |
Auteur de scènes du calvaire en 1650. |
| Thomas Dallam - Facteur d’orgues |
Construisit les orgues entre 1688 et 1692. |
| Guillaume Kerlezroux - Architecte |
Dirigea les travaux de l’église (1633–1642). |
| François et Germain Favennec - Architectes-maçons |
Reconstruisirent le bras sud en 1714. |
Origine et histoire
L’enclos paroissial de Pleyben, situé dans le Finistère, est un ensemble architectural emblématique de la Bretagne, composé d’une église, d’un calvaire, d’un ossuaire, d’un arc monumental et d’une croix. Classé parmi les monuments historiques dès 1846 pour l’église, 1875 pour le calvaire et 1914 pour l’ossuaire, il illustre la transition entre les styles gothique et Renaissance, ainsi que l’art religieux breton des XVe–XVIIe siècles. Son histoire est marquée par des campagnes de construction étalées sur deux siècles, reflétant les évolutions artistiques et les bouleversements politiques de l’époque, comme les guerres de la Ligue qui interrompirent les travaux de l’église.
L’église Saint-Germain, dont la construction débuta en 1530 et s’acheva en 1642, mêle des éléments gothiques (voûtes, chevet Beaumanoir) et Renaissance (tour-porche à dôme, décor sculpté). Ses sablières polychromes de 1571, ses vitraux du XVIe siècle narrant la Passion, et ses retables baroques des XVIIe–XVIIIe siècles témoignent d’un riche patrimoine artistique. Le calvaire, érigé en trois phases (1555, 1650, 1738), est le plus massif de Bretagne, avec 28 groupes sculptés en kersanton relatant la Passion, mêlant costumes du XVIe siècle et symbolisme religieux. L’ossuaire du XVIe siècle, restauré en 1733, servit tour à tour de chapelle des morts, d’école et de bureau de poste.
Le site reflète aussi la vie communautaire bretonne : l’enclos, délimité par un mur, séparait symboliquement les vivants des morts, tandis que l’arc de triomphe (1725) et la croix de sel marquaient des lieux de rassemblement ou de commerce, comme pour les paludiers de Guérande. Les restaurations successives (XIXe–XXIe siècles), notamment celle du calvaire en 2015, ont préservé ce patrimoine, tout en révélant des traces de polychromie originale. Les orgues de Thomas Dallam (1688–1692), bien que modifiées, et les statues polychromes (comme celle de saint Germain de 1555) complètent cet ensemble exceptionnel, classé et protégé.
L’enclos paroissial de Pleyben incarne ainsi à la fois un lieu de culte, un chef-d’œuvre artistique et un témoignage de l’histoire sociale et religieuse de la Bretagne. Son architecture hybride, ses sculptures narratives et son usage évolutif en font un site majeur du patrimoine français, attirant chercheurs et visiteurs pour son authenticité et sa richesse iconographique.
Devenir actuel
Pendant l'été 2010, l'association « Les sept calvaires monumentaux de Bretagne » a remis en couleurs, par le biais de vidéoprojecteurs, le calvaire de Pleyben, retrouvant autant que faire se peut les couleurs d'origine car les calvaires étaient peints. Sur de nombreux calvaires, on a retrouvé des traces de peinture, dans les plis des vêtements des statues, par exemple.