Frise chronologique
1034
Première mention écrite
Première mention écrite
1034 (≈ 1034)
Ébard et Godefroy se revendiquent de *Vabra*.
1859
Perte des archives
Perte des archives
1859 (≈ 1859)
Incendie des archives départementales du Cher.
1991 et 2008
Protections MH
Protections MH
1991 et 2008 (≈ 2008)
Inscription puis classement du site.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Le tertre et fossé annulaire de la motte ; le sol correspondant à l'emprise de l'ancien enclos de la motte : ancienne basse-cour et fossé ; certaines parties de la terrasse du donjon et des ruines des constructions élevées au nord-ouest du donjon sur la terrasse ; les fossés du donjon et la chaussée qui les enjambe au sud ; le sol correspondant à l'emprise de l'ancienne basse-cour du donjon ; la tourelle subsistante de l'entrée de l'ancienne basse-cour du donjon (cad. ZH 30, 31, 33, 34, 51 à 63) : inscription par arrêté du 8 août 1991 ; Les parties construites et non construites du site castral (cad. ZH 59 à 62, 100, 102, 105, lieudit Château de la Tour) : classement par arrêté du 10 octobre 2008
Personnages clés
| Hugues II de Vesvre - Seigneur local (fin XIIᵉ siècle) |
Aura initié la construction de la tour. |
| Ébard et Godefroy - Premiers mentionnés (1034) |
Se revendiquent de *Vabra* (Vèvre). |
| Victorine Mataouchek - Archéologue (depuis 1998) |
Dirige les fouilles et études du site. |
Origine et histoire
L’ensemble castral de Vèvre, situé à Neuvy-Deux-Clochers dans le Cher (Centre-Val de Loire), est un site fortifié médiéval occupant une position stratégique dans le Pays-Fort, entre les terres des Aix-d’Angillon et du comté de Sancerre. Contrairement aux châteaux perchés, il est implanté dans une vallée humide à 250 m d’altitude, exploitant des matériaux géologiques locaux (marnes kimméridgiennes, grès, calcaires) pour ses constructions. Son toponyme, dérivé du gaulois vaivre (terres incultes), évoque un défrichement médiéval confirmé par les études archéologiques.
Le site connaît une occupation continue du IXe au XVIIIe siècle, marquée par plusieurs phases d’aménagement. Dès la fin du IXe siècle, une plateforme de 3 000 m3 de remblais (argile, débris végétaux) accueille des ateliers artisanaux et une exploitation agricole, peut-être associée à une motte castrale primitive. Au XIIe siècle, une tour rectangulaire (21×15 m, murs de 2,50 m d’épaisseur) est construite près de la motte, achevée au début du XIIIe siècle. Elle domine un terre-plein fortifié et une basse-cour, reflétant l’essor des seigneuries locales avant la conquête du Berry par Philippe Auguste.
Les XVe et XVIe siècles voient d’importants remaniements : refonte des espaces intérieurs de la tour, construction d’une basse-cour orientale avec colombier (unique par ses bouches à feu intégrées aux boulins) et d’un logis seigneurial accolé à la tour. Ce dernier, transformé en ferme au XVIIIe siècle, est abandonné après 1945 et détruit dans les années 1970. La tour, habitée jusqu’en 1961, est aujourd’hui restaurée. Le site, protégé depuis 1991 (inscription) et 2008 (classement), comprend aussi une motte tronconique de 10 m de haut et 50 m de diamètre, ainsi qu’une chapelle Saint-Julien mentionnée aux XVIIe siècle mais non localisée.
L’histoire de Vèvre est mal documentée en raison de l’incendie des archives départementales du Cher en 1859, qui détruisit les cartulaires des abbayes locales. Les premières mentions écrites datent de 1034 (Vabra), puis de 1344 (« motte et hôtel du Bois de Vèvre »). Le site, lié à la famille de Sully et aux châtelains des Aix, illustre l’évolution des structures seigneuriales du Haut-Moyen Âge à l’Époque moderne. Les fouilles depuis 1998 (dirigées par Victorine Mataouchek) ont révélé des traces d’activités artisanales, des niveaux d’occupation anciens, et une organisation spatiale complexe, avec trois ensembles distincts : motte médiévale, terre-plein avec tour, et basse-cour orientale.
La gestion du site est aujourd’hui assurée par l’Association des Amis de la Tour de Vesvre. Les restaurations récentes (2012–2014) ont concerné la grange, le colombier, et la motte, acquise par la commune. Une monographie synthétisant les recherches, dont la première partie fut publiée en 2025, met en lumière son rôle dans la structuration du territoire féodal berruyer. Le site, ouvert au public, offre un exemple rare de continuité seigneuriale et d’adaptation architecturale sur près de neuf siècles.