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Ensemble d'immeubles dit Cité Napoléon à Paris 1er dans Paris 9ème

Patrimoine classé Cité ouvrière classée MH

Ensemble d'immeubles dit Cité Napoléon

    58-60bis Rue de Rochechouart
    75009 Paris 9e Arrondissement
Propriété privée
Ensemble dimmeubles dit Cité Napoléon
Ensemble dimmeubles dit Cité Napoléon
Ensemble dimmeubles dit Cité Napoléon
Ensemble dimmeubles dit Cité Napoléon
Ensemble dimmeubles dit Cité Napoléon
Ensemble dimmeubles dit Cité Napoléon
Ensemble dimmeubles dit Cité Napoléon
Ensemble dimmeubles dit Cité Napoléon
Crédit photo : MOSSOT - Sous licence Creative Commons

Frise chronologique

Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1800
1900
2000
1844
Publication de *De l'extinction du paupérisme*
10 décembre 1848
Élection de Louis-Napoléon Bonaparte
février 1849
Création de la société de construction
12 janvier 1849
Don présidentiel de 500 000 francs
1849-1851
Construction de la Cité Napoléon
18 novembre 1851
Inauguration de la cité
1867
Critique de l'ingénieur Détain
1895
Incendie des ateliers Godillot
9 décembre 2003
Classement monument historique
2011
Restauration des passerelles
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Les façades et toitures des quatre bâtiments d'origine A, B, C, D (cf. plan annexé à l'arrêté) ; les parties communes des bâtiments A et D ; le sol de la cour ; la fontaine (cad. BD 109) : inscription par arrêté du 9 décembre 2003

Personnages clés

Louis-Napoléon Bonaparte - Président de la Deuxième République Commanditaire du projet social.
Marie-Gabriel Veugny - Architecte de la cité Concepteur des bâtiments innovants.
Joseph Eugène Chabert - Ingénieur civil Dirigeant la société de construction.
Henry Roberts - Architecte anglais Inspiration via son ouvrage traduit.
Alexis Godillot - Industriel voisin Propriétaire d’ateliers militaires adjacents.

Origine et histoire

La Cité Napoléon, située au 58-60 rue de Rochechouart et 25 rue Pétrelle dans le 9e arrondissement de Paris, est la première cité ouvrière de la capitale. Construite entre 1849 et 1851 par l’architecte Marie-Gabriel Veugny, elle fut commandée par Louis-Napoléon Bonaparte, alors président de la Deuxième République, pour répondre aux besoins de logements salubres pour les ouvriers parisiens. Ce projet s’inscrivait dans une volonté de concilier la classe ouvrière après les révoltes de 1848, tout en s’inspirant des modèles anglais de logements sociaux étudiés par une délégation envoyée en 1850.

Le programme initial, inspiré des propositions du Parlement du travail de 1848, prévoyait des familistères capables d’accueillir 400 familles, avec des services collectifs (nourriture, chauffage, hygiène). Cependant, le projet fut réduit et l’idée d’association ouvrière abandonnée, reflétant les tensions politiques de l’époque. La cité, composée de quatre bâtiments autour d’un jardin arboré, innovait par son architecture : le bâtiment principal, le long de la rue Marguerite-de-Rochechouart, évitait l’aspect caserne grâce à des passerelles et une toiture vitrée reliant deux corps de logis parallèles.

Les logements, équipés de toilettes et d’évacuations d’eaux usées à chaque étage, offraient des conditions hygiéniques rares pour l’époque. Les loyers variaient entre 100 et 300 francs selon les équipements (chauffage, cuisine). La cité incluait aussi des services sociaux : visites médicales gratuites, garderie, lavoir, et bains publics. Malgré ces avantages, elle fut mal accueillie en raison de son règlement strict (couvre-feu à 22h) et de son aspect jugée trop carcéral. Inaugurée le 18 novembre 1851, elle resta un exemple isolé à Paris, critiquée à la fois par les conservateurs (crainte des repaire révolutionnaires) et les socialistes (ghettos sous surveillance).

La Cité Napoléon jouxtait les ateliers militaires Godillot, dont l’incendie en 1895 menaça le quartier. Classée monument historique en 2003 pour ses façades, toitures, et parties communes, elle fut restaurée en 2011, notamment ses passerelles emblématiques. Son histoire reflète les tensions entre innovation sociale et contrôle politique sous le Second Empire, ainsi que les limites des premières expériences de logement ouvrier en France.

Louis-Napoléon Bonaparte s’était intéressé à la question ouvrière dès 1844 avec son essai De l’extinction du paupérisme, bien que centré sur les colonies agricoles. Son élection comme député de Paris en 1848, soutenue par une partie des ouvriers, lui permit de lancer ce projet. La société créée en 1849, dotée d’un capital de 6 millions de francs (dont 500 000 francs de don présidentiel), illustre l’ambition initiale, rapidement tempérée par les réalités politiques et les réticences des bénéficiaires.

Liens externes