Frise chronologique
vers 4000-3500 av. J.-C.
Construction du tumulus A
Construction du tumulus A
vers 4000-3500 av. J.-C. (≈ 3750 av. J.-C.)
Début probable de l'édification du monument.
3375-3855 av. J.-C.
Datation d'un os du dolmen II
Datation d'un os du dolmen II
3375-3855 av. J.-C. (≈ 3615 av. J.-C.)
Période d'utilisation attestée par analyse.
1889
Première mention par Lièvre
Première mention par Lièvre
1889 (≈ 1889)
Signalement sans description détaillée du site.
1894
Découverte d'un couteau en silex
Découverte d'un couteau en silex
1894 (≈ 1894)
Signalé par l'abbé Métais sur le site.
1920
Exploitation en carrière
Exploitation en carrière
1920 (≈ 1920)
Découverte d'une chambre annexe pendant les travaux.
1975
Fouille de sauvetage
Fouille de sauvetage
1975 (≈ 1975)
Intervention après des fouilles clandestines.
1980-1981
Fouilles archéologiques
Fouilles archéologiques
1980-1981 (≈ 1981)
Menées par Joussaume et Germond, découverte du tumulus B.
11 août 1986
Classement aux monuments historiques
Classement aux monuments historiques
11 août 1986 (≈ 1986)
Protection officielle de l'ensemble des deux tumulus.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Ensemble des deux tumulus à chambres dolméniques, appelés tumulus du Montiou (cad. ZM 67) : classement par arrêté du 11 août 1986
Personnages clés
| Auguste-François Lièvre - Historien local |
Premier à mentionner le site en 1889. |
| Abbé Métais - Archéologue amateur |
Signale un couteau en silex en 1894. |
| Roger Joussaume - Archéologue |
Dirige les fouilles de 1980-1981 avec Germond. |
| Georges Germond - Archéologue |
Co-responsable des fouilles et études du site. |
Origine et histoire
Les tumulus du Montiou, situés sur la commune de Sainte-Soline (Deux-Sèvres, Nouvelle-Aquitaine), forment un ensemble mégalithique exceptionnel datant du Néolithique moyen (vers 4000-3500 av. J.-C.). Classé aux monuments historiques en 1986, ce site comprend trois tumulus (A, B, C), dont le tumulus A, de forme quadrangulaire (50 m x 22 m), abrite quatre dolmens alignés est-ouest, caractérisés par des couloirs d’accès parallèles. Sa façade sud en calcaire appareillé et son arête axiale centrale suggèrent une construction rapide et planifiée, typique des architectures funéraires atlantiques.
Le tumulus A, partiellement détruit par des exploitations en carrière au XXe siècle, a fait l’objet de fouilles archéologiques majeures entre 1975 et 1981, révélant des chambres dolméniques aux structures variées : le dolmen I, doté d’un couloir courbe de 11 m et d’une stèle anthropomorphe, ou le dolmen II, de type « angoumoisin », avec une chambre quadrangulaire. Les découvertes (outils en silex, perles en variscite, ossements de 40 individus) attestent d’une réutilisation du site sur plusieurs siècles, entre 3855 et 3375 av. J.-C., et de liens culturels avec les tumulus voisins de Bougon et Limalonges.
L’histoire moderne du site est marquée par des découvertes fortuites, comme un couteau en silex signalé en 1894 par l’abbé Métais, ou des fouilles clandestines ayant motivé des interventions de sauvetage dans les années 1970. Le tumulus A, restauré après sa dégradation par les activités agricoles et minières, est aujourd’hui le seul des trois tumulus originels à conserver une structure visible. Le tumulus C, situé à 250 m au nord-est, a été entièrement arasé par les cultures, tandis que le tumulus B, un petit cairn ovalaire, fut identifié lors des fouilles de 1980.
Les analyses du matériel archéologique (haches polies, coquillages perforés, poteries) relient le Montiou aux cultures du Néolithique moyen et récent, révélant des pratiques funéraires complexes : inhumations primaires dans les couloirs, dépôts d’ossements réutilisés, et offrandes symboliques. La datation d’un os du dolmen II (3375-3855 av. J.-C.) et l’hypothèse d’une construction débutant vers 4000 av. J.-C. soulignent l’ancienne occupation du site, contemporain des premiers mégalithes du Centre-Ouest français.
Le site du Montiou s’inscrit dans un réseau mégalithique régional, à 16 km de Bougon et 18 km de Limalonges, partageant des caractéristiques architecturales comme les longs couloirs parallèles. Ces tumulus, probablement destinés à une élite locale, reflètent une organisation sociale hiérarchisée et des croyances funéraires élaborées, où la monumentalité des sépultures marquait le statut des défunts. Leur classement en 1986 a permis de préserver ce témoignage rare des pratiques néolithiques en Poitou-Charentes.