Frise chronologique
1689
Passage de Vauban
Passage de Vauban
1689 (≈ 1689)
Recommande de renforcer les Grands-Sables.
1746–1747
Construction du mur d'escarpe
Construction du mur d'escarpe
1746–1747 (≈ 1747)
Création de la batterie de La Ferrière.
1841
Rapport de la Commission mixte
Rapport de la Commission mixte
1841 (≈ 1841)
Modernisation des défenses côtières.
1858–1859
Construction du fortin type 1846
Construction du fortin type 1846
1858–1859 (≈ 1859)
Remplacement de la tour crénelée prévue.
1862
Réduction de l'armement
Réduction de l'armement
1862 (≈ 1862)
Passage de six à quatre pièces.
1939–1944
Occupation allemande
Occupation allemande
1939–1944 (≈ 1942)
Intégration au Mur de l’Atlantique.
2 mars 2001
Classement Monument Historique
Classement Monument Historique
2 mars 2001 (≈ 2001)
Inscription des fortifications restantes.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
L'ensemble fortifié constitué d'un mur d'escarpe du XVIIIe siècle, d'un réduit type 1846 et d'une petite batterie (cad. ZI 2 (partie du mur d'escarpe XVIIIe siècle) , 3, 5 (partie du mur d'escarpe) , 1, 17 (petite batterie et réduit type 1846) ) : inscription par arrêté du 2 mars 2001
Personnages clés
| Vauban - Ingénieur militaire |
A recommandé le renforcement en 1689. |
| Commission mixte d'armement des côtes (1841) - Instance étatique |
A planifié la modernisation du site. |
Origine et histoire
L’ensemble fortifié de La Ferrière, situé à Locmaria sur l’île de Belle-Île-en-Mer (Morbihan), est un dispositif militaire édifié pour défendre les plages des Grands-Sables et de Samzun. Il se compose principalement d’un mur d’escarpe de 1 200 mètres construit en 1747, fermant l’accès oriental aux plages, et d’un fortin de type corps de garde 1846 n°2, érigé en 1858 derrière ce mur. Ce fortin, partiellement enterré sous les dunes, a vu ses couronnements arasés peu après sa construction. Trois portails fortifiés permettent d’accéder aux plages, tandis que le site subit une érosion accélérée due aux tempêtes et à la montée des océans.
La genèse du projet remonte aux recommandations de Vauban en 1689, qui soulignait la vulnérabilité des Grands-Sables, principale zone de débarquement de l’île. En 1746, une campagne de travaux renforce les défenses avec la création de la batterie de La Ferrière, située entre les redoutes de Saint-Laurent et de Ker David. Les conflits successifs (guerre de Succession d’Autriche, guerre de Sept Ans, Révolution, Empire) entraînent des aménagements continus. Au milieu du XIXe siècle, la Commission mixte d’armement des côtes (1841) modernise le site : la batterie de La Ferrière, initialement prévue pour six pièces d’artillerie, est réduite à quatre canons en 1862, et son réduit transformé en corps de garde renforcé.
Pendant la Seconde Guerre mondiale, les Allemands intègrent le site au Mur de l’Atlantique, ajoutant des tranchées et des postes de combat sur le plateau en retrait. Aujourd’hui, l’ensemble, classé Monument Historique depuis 2001, est menacé par l’érosion côtière et l’abandon. Plusieurs ouvrages ont déjà disparu, comme la partie frontale de la batterie, tandis que le fortin et les retranchements en terre (XVIIIe–XIXe siècles) se dégradent rapidement. La propriété est partagée entre le département, la commune de Locmaria, et des acteurs privés.
Le mur d’escarpe du XVIIIe siècle, élément central du dispositif, structure l’ensemble des fortifications en reliant redoutes, batteries et retranchements. Au XIXe siècle, la batterie de La Ferrière, dotée de plateformes en maçonnerie (dés), était conçue pour abriter des canons de 30 livres et des obusiers. Son réduit, unique exemplaire subsistant du type 1846 n°2 sur l’île, illustre l’évolution des techniques militaires. Les modifications des années 1870–1880 (ajout de points d’appui pour la défense mobile) témoignent de son adaptation aux stratégies postérieures.
L’inscription aux Monuments Historiques en 2001 couvre spécifiquement le mur d’escarpe, le réduit type 1846, et une petite batterie, situés sur les parcelles ZI 2, 3, 5, 1, et 17 du cadastre. Malgré cette protection, le site reste vulnérable : les tempêtes hivernales et l’élévation du niveau marin accélèrent sa destruction. Les vestiges des ouvrages allemands (1940–1944) complètent ce paysage défensif multiséculaire, aujourd’hui en péril faute d’entretien et de mesures de préservation adaptées.