Frise chronologique
533
Fondation de l'évêché
Fondation de l'évêché
533 (≈ 533)
Premier évêché wisigoth mentionné à Maguelone.
737
Destruction de la première cathédrale
Destruction de la première cathédrale
737 (≈ 737)
Rasée par Charles Martel après occupation sarrasine.
1030-1060
Reconstruction par l'évêque Arnaud
Reconstruction par l'évêque Arnaud
1030-1060 (≈ 1045)
Nouvelle cathédrale et chapitre de chanoines.
1118
Accueil du pape Gélase II
Accueil du pape Gélase II
1118 (≈ 1118)
Maguelone refuge pontifical pendant les factions italiennes.
1178
Sculpture du linteau du portail
Sculpture du linteau du portail
1178 (≈ 1178)
Œuvre signée Bernard de Tréviers, style roman évolué.
1536
Transfert de l'évêché à Montpellier
Transfert de l'évêché à Montpellier
1536 (≈ 1536)
Fin de l'évêché insulaire, déclin du site.
1840
Classement Monument Historique
Classement Monument Historique
1840 (≈ 1840)
Première liste des monuments protégés en France.
1852
Restauration par Frédéric Fabrège
Restauration par Frédéric Fabrège
1852 (≈ 1852)
Sauvegarde et fouilles archéologiques majeures.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
L'ancienne cathédrale Saint-Pierre de Maguelonne : classement par liste de 1840 - L'ensemble de la cité avec ses vestiges de constructions et le sol, dans son emprise repérée sur le plan annexé à l'arrêté, y compris la maison dite de « Fabrège » et la chapelle Saint-Blaise (cad. BW 6) : inscription par arrêté du 1er juillet 2014
Personnages clés
| Arnaud - Évêque de Maguelone (1029-1060) |
Reconstructeur de la cathédrale et du pont insulaire. |
| Galtier - Évêque (1104-1129) |
Initiateur du chevet et du transept fortifié. |
| Jean de Montlaur - Évêque (1161-1190) |
Bâtisseur de la nef romane et mécène. |
| Frédéric Fabrège - Restaurateur (XIXe siècle) |
Sauveur du site, archéologue et donateur. |
| Bernard de Tréviers - Sculpteur (1178) |
Auteur du linteau du portail occidental. |
| Gélase II - Pape (1118-1119) |
Refugié à Maguelone pendant les troubles italiens. |
Origine et histoire
La cathédrale Saint-Pierre-et-Saint-Paul de Maguelone, située à Villeneuve-lès-Maguelone dans l’Hérault, est un édifice des XIIe et XIIIe siècles bâti sur une ancienne île wisigothe. Classée monument historique dès 1840, elle fut le cœur d’une cité épiscopale et canoniale, marquée par des influences romaines, wisigothes et médiévales. Son architecture romane, renforcée comme une forteresse, reflète son rôle stratégique et religieux dans une région souvent menacée par les invasions.
Les origines de Maguelone remontent à l’Antiquité, avec des vestiges romains et étrusques découverts lors de fouilles en 1967. Au VIe siècle, sous les Wisigoths, l’île devient un évêché, mentionné pour la première fois en 533. La première cathédrale, détruite au VIIe siècle, est remplacée après la reconquête carolingienne. Au XIe siècle, l’évêque Arnaud reconstruit l’édifice et y installe un chapitre de chanoines, marquant le renouveau du site après des siècles d’abandon partiel.
Les XIIe et XIIIe siècles marquent l’apogée de Maguelone. La cathédrale actuelle, construite sous les évêques Galtier, Raymond et Jean de Montlaur, combine fonctions religieuses et défensives, avec des murs de plus de deux mètres d’épaisseur et des tours de protection. Le site, terre pontificale, accueille même des papes comme Gélase II en 1118. Son déclin commence au XVe siècle, lorsque l’évêché est transféré à Montpellier en 1536, laissant la cathédrale se dégrader avant sa restauration au XIXe siècle.
Le portail occidental, orné de bas-reliefs des XIIe et XIIIe siècles, illustre l’art roman languedocien. À l’intérieur, la nef sobre et la tribune des chanoines révèlent une organisation liturgique complexe. La chapelle Saint-Augustin, vestige de la première cathédrale, et le transept aux chapelles lombardes témoignent des évolutions architecturales. Les fouilles du XIXe et XXe siècles ont exhumé sarcophages wisigoths, épitaphes romaines et fondations antiques, confirmant l’importance historique du site.
Aujourd’hui, Maguelone allie patrimoine et vie contemporaine. Le site, restauré par Frédéric Fabrège au XIXe siècle, abrite un ESAT dédié à l’insertion professionnelle et un festival annuel de musique médiévale. La cathédrale, toujours lieu de culte, conserve son rôle spirituel et culturel, perpétuant une tradition d’accueil vieilles de quinze siècles.