Origine et histoire
L’église des Cordeliers, construite sous René II de Lorraine après la bataille de Nancy en 1477, est consacrée en 1487. Elle devient la nécropole des ducs de Lorraine, remplaçant la collégiale Saint-Georges. Son architecture sobre, avec une nef unique de 73 mètres, est typique des églises franciscaines. Elle abrite des fresques, vitraux et enfeus polychromes, dont celui de René II, ainsi que des gisants sculptés par Ligier Richier.
La chapelle funéraire des ducs, construite entre 1609 et 1612 sous Charles III, adopte un style baroque italien avec une coupole en trompe-l’œil. Elle renferme les dépouilles de la dynastie, à l’exception de François-Étienne, inhumé à Vienne. Classée dès 1840, l’église subit des profanations révolutionnaires, puis des restaurations au XIXe siècle, notamment en 1826 sous l’impulsion des Habsbourg-Lorraine.
L’édifice, intégré au musée Lorrain, conserve des éléments remarquables comme un retable de 1522, une rosace aux armes de Lorraine, et des stalles du XVIIe siècle. Il reste un lieu de mémoire pour la maison de Habsbourg-Lorraine, avec des messes annuelles en hommage aux ducs. La chapelle a aussi accueilli des événements familiaux, comme le mariage d’Otto de Habsbourg en 1951.
Parmi les œuvres majeures figurent le gisant de Philippe de Gueldre, sculpté par Ligier Richier, et une statuette romane du XIIe siècle, Le Retour du croisé. Les tombeaux, profanés en 1793, furent restaurés en 1826, et les dépouilles réinhumées solennellement. L’église, toujours affectée au culte, dépend de la paroisse Saint-Epvre.
Le couvent atteste des liens entre la Lorraine et les Habsbourg : Marie-Antoinette y fit halte en 1770, et François-Joseph Ier s’y recueillit en 1867. Après 1918, la Société d’histoire de la Lorraine perpétua la tradition des messes commémoratives. Aujourd’hui, l’ensemble, classé monument historique, allie patrimoine religieux, funéraire et artistique.