Frise chronologique
vers 3350-3300 av. J.-C.
Construction des dolmens
Construction des dolmens
vers 3350-3300 av. J.-C. (≈ 3325 av. J.-C.)
Datation radiocarbone du dolmen central.
1949
Pillage du dolmen central
Pillage du dolmen central
1949 (≈ 1949)
Fouille illégale par une colonie.
1973
Fouille de sauvetage
Fouille de sauvetage
1973 (≈ 1973)
Destruction partielle pour le haras national.
24 juin 1976
Inscription aux monuments historiques
Inscription aux monuments historiques
24 juin 1976 (≈ 1976)
Protection légale du site restant.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Ensemble mégalithique (cad. AE 57) : inscription par arrêté du 24 juin 1976
Personnages clés
| Jean L'Helgouac'h - Archéologue |
Dirigea la fouille de sauvetage en 1973. |
Origine et histoire
L’ensemble mégalithique du Lion-d’Angers, situé sur le site de l’Isle Briand, se composait initialement de trois dolmens alignés sur 30 mètres, parallèlement à la rivière Mayenne. Seul le dolmen central, doté d’une table de couverture de 4,20 m de long reposant sur cinq supports, est encore partiellement visible. Son architecture, proche des tombes transeptées armoricaines (comme le cairn de Kerleven), suggère une influence du mégalithisme breton vers l’est. Les deux autres monuments, aujourd’hui presque entièrement détruits, présentaient des structures similaires, avec des cairns et des chambres sépulcrales rectangulaires.
La fouille de sauvetage menée en 1973 par Jean L’Helgouac’h, déclenchée par la destruction partielle du site pour construire des logements du haras national, a révélé un mobilier funéraire riche : céramiques chasséennes (coupes à socle cubique), armatures de flèches (type « Sublaine »), et perles en séricite. Ces artefacts datent le site du Néolithique moyen (vers 3350-3300 av. J.-C.) pour le dolmen central, avec une occupation prolongée jusqu’au Néolithique final (IIIe millénaire av. J.-C.). Une occupation mésolithique antérieure, attestée par des outils en silex près du dolmen sud, précède la construction des monuments.
Le site a été inscrit aux monuments historiques en 1976, après les fouilles, pour préserver les vestiges restants. Le dolmen central avait déjà subi un pillage en 1949 par des enfants d’une colonie de vacances, illustrant les menaces pesant sur ce patrimoine. Aujourd’hui, l’ensemble appartient au département de Maine-et-Loire et témoigne des pratiques funéraires et des échanges culturels entre l’Armorique et l’Anjou durant la préhistoire.
Les comparaisons architecturales avec des sites comme le tumulus des Mousseaux (Pornic) ou Tuchenn Pol (Ploemeur) soulignent l’originalité de ce mégalithisme « hybride », mêlant traditions locales et influences atlantiques. La présence de murets en pierres sèches et de cairns à parement suggère une construction soignée, peut-être collective, reflétant l’importance symbolique de ces sépultures pour les communautés néolithiques.
Les analyses des charbons de bois par radiocarbone ont confirmé une utilisation principale entre 3350 et 3300 av. J.-C., coïncidant avec l’apogée des sociétés agro-pastorales dans l’Ouest de la France. Le mobilier lithique, incluant un couteau de type pressignien, indique des liens avec les réseaux d’échange de silex du Grand-Pressigny, situés à plus de 200 km.
Malgré les destructions, le site reste un marqueur clé de la progression du mégalithisme vers l’intérieur des terres, loin des zones côtières traditionnelles. Son inscription tardive (1976) rappelle les défis de la préservation des vestiges préhistoriques face à l’urbanisation moderne, comme en témoigne la perte de deux des trois dolmens originels.