Frise chronologique
1848
Installation des Tripet-Skrypitzine
Installation des Tripet-Skrypitzine
1848 (≈ 1848)
Famille franco-russe s’établit à Cannes.
23 avril 1894
Pose de la première pierre
Pose de la première pierre
23 avril 1894 (≈ 1894)
Début de la construction de l’église.
22 novembre 1894
Consécration de l’église
Consécration de l’église
22 novembre 1894 (≈ 1894)
Par le métropolite Palladie de Saint-Pétersbourg.
1896-1897
Achèvement du clocher et presbytère
Achèvement du clocher et presbytère
1896-1897 (≈ 1897)
Ensemble architectural finalisé.
1939
Élévation au rang d’évêché
Élévation au rang d’évêché
1939 (≈ 1939)
Sous Grégoire Ostrooumoff.
2022
Classement monument historique
Classement monument historique
2022 (≈ 2022)
Inscription officielle en France.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Les parties suivantes de l’ensemble orthodoxe Saint-Michel-Archange, telles que délimitées sur le plan annexé à l’arrêté : l’église orthodoxe Saint-Michel-Archange, en totalité, avec sa crypte en sous-sol, les façades et toitures du presbytère, la partie du parc située au nord et à l’est du mur de clôture au centre de la propriété, situées au 40 Avenue Alexandre III, sur la parcelle n° 119, figurant au cadastre section CI : inscription par arrêté du 8 avril 2022
Personnages clés
| Grand-duc Michel Mikhaïlovitch de Russie - Commanditaire et président du comité |
Finance et supervise la construction. |
| Archiprêtre Grégoire Ostrooumoff - Initiateur et premier recteur |
Devenu archevêque de Cannes en 1939. |
| Alexandra Tripet-Skrypitzine - Donatrice du terrain |
Fille de la noblesse russe installée à Cannes. |
| Louis Nouveau - Architecte de l’église |
Conçoit les plans en style orthodoxe. |
| Eugène Tripet-Skrypitzine - Consul et promoteur de Cannes |
Fonde la villa Alexandra en 1849. |
| Ivan Ivanovitch Elaguine - Donateur du clocher |
Offre les sept cloches venues de Russie. |
Origine et histoire
L’église Saint-Michel-Archange de Cannes, dédiée à l’archange saint Michel, fut construite à l’initiative du grand-duc Michel Mikhaïlovitch de Russie et de l’archiprêtre Grégoire Ostrooumoff. Le projet naît en 1893, lorsque la chapelle privée de la villa Alexandra, propriété des Tripet-Skrypitzine, devient trop exiguë pour accueillir la communauté russe grandissante. Un comité, présidé par le grand-duc, organise une souscription qui récolte 77 605 francs-or en 1894, complétée par des dons prestigieux, dont ceux de l’empereur Nicolas II et du baron Alphonse de Rothschild.
La première pierre est posée le 23 avril 1894, selon les plans de l’architecte Louis Nouveau, s’inspirant des églises orthodoxes traditionnelles avec une croix grecque et un clocher-porche. L’église, capable d’accueillir 400 fidèles, est consacrée le 22 novembre 1894 par le métropolite Palladie de Saint-Pétersbourg. Le clocher, béni en 1896, et le presbytère (achevé en 1897) complètent l’ensemble. Les terres sont acquises grâce à des dons, dont celui de l’impératrice douairière Maria Feodorovna.
L’église devient un lieu central pour la colonie russe de Cannes, transformée en communauté d’exilés après 1917. Elle abrite les tombes de grands-ducs russes et d’Hélène Vagliano, résistante fusillée en 1944. En 1939, elle est élevée au rang d’évêché sous Grégoire Ostrooumoff, puis connaît des divisions juridictionnelles entre 1927 et 1949. Classée monument historique en 2022, elle reste un symbole du patrimoine orthodoxe en France.
Les Tripet-Skrypitzine, famille franco-russe, jouent un rôle clé dans l’histoire de Cannes. Eugène Tripet, consul de France à Moscou, et son épouse Alexandra Skrypitzine s’y installent en 1848 après un accident de voiture. Leur villa Alexandra, construite en 1849, accueille la première chapelle orthodoxe de la ville. Leur fils, Oleg-Eugène, historien local, perpétue leur engagement culturel. La famille contribue à attirer l’aristocratie russe, faisant de Cannes une destination prisée.
L’architecture de l’église, marquée par ses tuiles vernissées et sa coupole dorée, reflète l’influence slave. Le presbytère, aujourd’hui villa Saint-Michel, et le parc complètent un ensemble harmonieux. Les conflits juridictionnels du XXe siècle (entre le patriarcat de Moscou et l’archevêché de Constantinople) illustrent les tensions au sein de la diaspora russe. Malgré ces divisions, l’église reste un lieu de mémoire, célébrant des figures comme le grand-duc Nicolas Nikolaïevitch, dont les cendres furent transférées à Moscou en 2015.