Frise chronologique
1887
Construction du château de Roueïre
Construction du château de Roueïre
1887 (≈ 1887)
Domaine nécessitant une éolienne pour l’eau.
1898
Érection de l’éolienne Bollée
Érection de l’éolienne Bollée
1898 (≈ 1898)
Fabriquée au Mans, installée à Quarante.
1972
Arrêt définitif de l’éolienne
Arrêt définitif de l’éolienne
1972 (≈ 1972)
Faute d’entretien régulier.
29 avril 1987
Inscription aux Monuments historiques
Inscription aux Monuments historiques
29 avril 1987 (≈ 1987)
Protection de l’éolienne et ses dispositifs.
4e quart XIXe siècle - 1er quart XXe siècle
Période de construction
Période de construction
4e quart XIXe siècle - 1er quart XXe siècle (≈ 1987)
Datation selon Monumentum.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Personnages clés
| Auguste Bollée - Ingénieur et constructeur |
Concepteur de l’éolienne et maître d’œuvre. |
| Famille d’Andoque - Propriétaire du domaine |
Commanditaire du château et de l’éolienne. |
| Louis Garros - Architecte bordelais |
Auteur du château de Roueïre. |
Origine et histoire
L’éolienne Bollée de Quarante a été conçue en 1898 par l’ingénieur Auguste Bollée, originaire du Mans, pour répondre aux besoins en eau du domaine de Roueïre, propriété de la famille d’Andoque. Ce château, inspiré des manoirs anglais et bâti en 1887 par l’architecte Louis Garros, nécessitait un système performant pour irriguer ses cultures (vignes, oliviers) et alimenter ses bâtiments. L’éolienne, fabriquée au Mans puis assemblée sur place, combine une turbine à double rangée d’aubages et une colonne en fonte de 23 mètres de haut, soutenue par huit haubans en acier.
Le fonctionnement de l’éolienne repose sur un système innovant pour l’époque : un stator fixe canalise le vent vers un rotor mobile, optimisant la récupération d’énergie. Ce mécanisme, breveté en 1868, préfigure les turbines modernes. L’énergie actionne une pompe située dans un bâtiment adjacent, couvert de tuiles vernissées, qui puise l’eau du sous-sol. Une plate-forme en haut de la colonne, accessible par un escalier en colimaçon sans contre-marches, permet l’entretien des pales et des rouages. Les points cardinaux y sont indiqués en fonte sur le garde-corps.
L’éolienne cessa de fonctionner en 1972, faute d’entretien, mais fut protégée en 1987 par une inscription à l’inventaire supplémentaire des Monuments historiques. Son architecture allie utilité industrielle et esthétique, avec des détails ouvragés comme la girouette sommital ou les haubans ancrés dans des blocs de béton. Elle témoigne de l’ingéniosité des solutions techniques développées à la fin du XIXe siècle pour les domaines agricoles, tout en marquant le paysage de Quarante, dans l’ouest de l’Hérault.
Le domaine de Roueïre, pour lequel l’éolienne fut édifiée, reflète les ambitions d’une bourgeoisie rurale de l’époque, mêlant influences architecturales éclectiques et modernité technique. L’éolienne Bollée, avec ses 23 mètres de haut, reste un exemple rare et préservé de ce patrimoine industriel, aujourd’hui propriété partagée entre la commune de Quarante et une société privée. Son mécanisme, bien que désactivé, conserve intact son potentiel symbolique comme pionnière de l’énergie renouvelable.