Origine et histoire de l'Ermitage de Saint-Pancrace
L'ermitage de Saint-Pancrace, situé sur la commune de Grambois dans le Vaucluse, est un ancien édifice monacal inscrit aux monuments historiques. Construit au XVIIe siècle, il fut habité jusqu’à la Révolution française. La chapelle adjacente, datée du XIVe siècle, fut prolongée au XVIIIe siècle par un porche orné de fresques inspirées du Quattrocento. Ces fresques, réalisées en 1912, représentent une Pietà, un Sermon dans la montagne et une Adoration des bergers et des rois, signées par les artistes Georges Dufrenoy, Alfred Lombard et Pierre Girieud.
Le site comprend également un cimetière du XIXe siècle, entouré de cyprès, abritant cinq mausolées familiaux, dont une pyramide de six mètres dédiée à Joséphine Bonnin, décédée à 28 ans. Les poèmes gravés sur ses faces, aujourd’hui partiellement effacés, lui rendaient hommage. L’ensemble (chapelle, ermitage, cimetière et abords) a été inscrit aux monuments historiques par arrêté du 13 mars 1995, bien que le site reste une propriété privée non ouverte au public.
Architecturalement, la chapelle se compose de quatre travées terminées par un chevet plat, avec des chapelles latérales aménagées dans d’anciennes arcades aveugles. Le porche, voûté d’arêtes, précède l’entrée et abrite les fresques les plus remarquables. Le corps de logis de l’ermitage, accolé au mur sud, comprend un rez-de-chaussée voûté en berceau et un étage desservi par un escalier en équerre. Le clocher, de type mur, surplombe l’arc triomphal.
Les fresques du narthex, datées de 1912, illustrent des scènes religieuses dramatiques, comme la Pietà de Dufrenoy, décrite par le critique Joachim Gasquet comme une œuvre d’une « intensité dramatique » évoquant le Tintoret ou Beethoven. La fresque centrale, Le Sermon dans la montagne d’Alfred Lombard, met en scène un Christ enseignant un public diversifié, tandis que L’Adoration des bergers et des rois de Pierre Girieud déploie une palette colorée dans un paysage exotique, malgré des lacunes dues à l’érosion.
Le cimetière, situé à l’est, est ceint d’un enclos carré planté de cyprès. Il abrite les sépultures des familles Bonnin, Bec et Fitch-Douglas, marquées par des mausolées sculptés par des artistes marseillais. La pyramide funéraire de Joséphine Bonnin, filleule de Joseph Bonnin, domine l’espace. Les poèmes gravés sur ses faces, aujourd’hui illisibles, témoignaient de l’affection portée à cette jeune femme décédée prématurément à Genève.
L’ermitage et sa chapelle, remaniés à plusieurs reprises, reflètent une histoire complexe, mêlant dévolution religieuse, art sacré et mémoire familiale. Leur classement en 1995 souligne leur valeur patrimoniale, bien que leur accès reste réservé. Les sources historiques, comme les dictionnaires de Jules Courtet (1876) et Robert Bailly (1986), ainsi que les bases Mérimée et Clochers de France, documentent leur évolution architecturale et leur ancrage dans le paysage provençal.