Frise chronologique
XVIIe siècle
Oratoire et ermitage originel
Oratoire et ermitage originel
XVIIe siècle (≈ 1750)
Présence de saint Rouin, fondateur.
1954-1961
Construction de la chapelle
Construction de la chapelle
1954-1961 (≈ 1958)
Remplacement de l’oratoire du XVIIe siècle.
1959
Création des vitraux
Création des vitraux
1959 (≈ 1959)
D’après les dessins de Kimié Bando.
22 mai 1961
Consécration de la chapelle
Consécration de la chapelle
22 mai 1961 (≈ 1961)
Inauguration officielle du bâtiment.
20 novembre 1998
Classement monument historique
Classement monument historique
20 novembre 1998 (≈ 1998)
Protection officielle de l’édifice.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
La chapelle (cad. B 624) : classement par arrêté du 20 novembre 1998
Personnages clés
| Louis-Bertrand Rayssiguier - Architecte et dominicain |
Concepteur de la chapelle, élève de Le Corbusier. |
| Pierre Székely - Sculpteur |
Auteur de l’aménagement intérieur et du mobilier. |
| Kimié Bando - Dessinatrice des vitraux |
Enfant japonaise de dix ans en 1959. |
| Saint Rouin - Ermite et fondateur |
Lié à l’abbaye de Beaulieu-sur-Argonne. |
| Toshio Bando - Peintre japonais |
Père de Kimié Bando (1895-1973). |
Origine et histoire
L'ermitage de Saint-Rouin est une chapelle située dans la commune de Beaulieu-en-Argonne, dans le département de la Meuse (Grand Est). Construite entre 1954 et 1961, elle remplace un oratoire du XVIIe siècle lui-même érigé sur le site d’un ermitage médiéval où vécut saint Rouin, fondateur de l’abbaye de Beaulieu. L’édifice, de plan trapézoïdal en béton brut, est surmonté d’une flèche et d’une croix en aluminium de sept mètres. Il fut conçu par le dominicain et architecte Louis-Bertrand Rayssiguier, élève de Le Corbusier, avec un aménagement intérieur signé Pierre Székely.
Les vitraux, réalisés en 1959, s’inspirent des dessins de Kimié Bando, une enfant japonaise de dix ans, fille du peintre Toshio Bando. La chapelle abrite aussi un retable du XVIIe siècle, classé en 1972. Le bâtiment, exemple d’architecture religieuse moderne, mêle minimalisme et symbolisme, avec des baies géométriques et un campanile dominant la terrasse. Il fut classé monument historique par arrêté du 20 novembre 1998.
L’ermitage s’inscrit dans un paysage forestier de l’Argonne, région naturelle de l’est de la France, et témoigne d’une rencontre entre tradition chrétienne, art contemporain et influences internationales. Son histoire reflète aussi le renouveau liturgique du XXe siècle, marqué par des édifices centrés sur l’autel et une participation active des fidèles.
La construction fut confiée à l’entreprise Berthold de Dun-sur-Meuse, spécialisée dans le béton brut de décoffrage, technique emblématique de l’architecture moderniste. Le site, isolé au nord-ouest du village, conserve une dimension spirituelle et contemplative, liée à son origine d’ermitage et à la figure de saint Rouin, patron local.
Les éléments protégés incluent la chapelle elle-même (cadastre B 624) ainsi que son mobilier liturgique, comme l’autel, la porte ou le bénitier, tous conçus par Pierre Székely. La propriété appartient aujourd’hui à une association cultuelle, assurant sa préservation et son ouverture au public.
La chapelle de Saint-Rouin illustre enfin la collaboration entre artistes et religieux dans la reconstruction post-Seconde Guerre mondiale, période où l’Église catholique cherchait à moderniser ses lieux de culte tout en préservant leur dimension sacrée.