Frise chronologique
1267
Première donation testamentaire
Première donation testamentaire
1267 (≈ 1267)
Guillaume Hugues de Serralonga lègue 10 sous.
1348
Donation à Santa Maria de Corallo
Donation à Santa Maria de Corallo
1348 (≈ 1348)
12 deniers offerts au sanctuaire.
1659-1660
Rattachement du Roussillon à la France
Rattachement du Roussillon à la France
1659-1660 (≈ 1660)
Traité des Pyrénées, impact toponymique.
1690
Construction de la chapelle
Construction de la chapelle
1690 (≈ 1690)
Date gravée sur la clef de voûte.
1859
Chute d’une météorite
Chute d’une météorite
1859 (≈ 1859)
12 kg près de l’ermitage.
18 avril 1990
Classement monument historique
Classement monument historique
18 avril 1990 (≈ 1990)
Inscription officielle par arrêté.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Ermitage Notre-Dame-du-Coral (cad. D 476, 477) : inscription par arrêté du 18 avril 1990
Personnages clés
| Guillaume Hugues de Serralonga - Donateur médiéval |
Testament de 1267 pour *Sainte Marie du Corál*. |
| Narcís Camós - Auteur du *Jardín de María* (1657) |
Évoque l’étymologie du *Coral*. |
| Joseph Gibrat - Historien local |
Propose une origine toponymique (*Ker Alt*). |
Origine et histoire
L'ermitage Notre-Dame-du-Coral, aussi appelé Nostra Senyora del Coral en catalan, est un édifice religieux des XVIIe et XVIIIe siècles situé dans les Pyrénées-Orientales, sur la commune de Prats-de-Mollo-la-Preste. Inscrit aux monuments historiques depuis 1990, il se distingue par son altitude (1 091 m) et sa position méridionale en France continentale, entouré de sommets comme le Puig de las Coubines. Son nom proviendrait du catalan coral (cœur, corail, ou chœur), lié à des donations médiévales mentionnant Santa Maria de Corallo dès 1267 et 1348, évoquant peut-être le symbolisme chrétien du corail (sang du Christ). Une autre hypothèse l’associe à el terrer rog de Corall (« la terre rouge de Corail »), ou à une corruption linguistique post-rattachement du Roussillon à la France (1659-1660).
Selon la tradition, un berger aurait découvert une statue de la Vierge dans un chêne voisin, donnant naissance au pèlerinage annuel du 16 août. La chapelle actuelle, construite en 1690 (date gravée sur la clef de voûte), présente une nef unique et un camaril (chambre haute de la Vierge) accessible par des escaliers latéraux ajoutés au XIXe siècle (1842 et 1868). Le clocher-mur abrite deux cloches des XVIIIe siècle (1714 et 1766), et l’ensemble fut restauré en 1986. Un événement marquant survint en 1859 : la chute d’une météorite de 12 kg près de l’ermitage, sans causer de dégâts.
L’ermitage abrite un mobilier remarquable, dont une Vierge du XIIIe siècle (objet du culte), un Christ en majesté du XVIIIe siècle, et des retables de 1868 dédiés au Christ et à saint Isidore. Les bâtiments, groupés autour de la chapelle, incluent un gîte d’étape et des dépendances aux arcades en plein cintre. Son histoire reflète l’importance des ermites comme gardiens des lieux saints, dans une région où le catalan domina l’écrit jusqu’au XVIIe siècle. Les sources médiévales, comme les testaments de Guillaume Hugues de Serralonga (1267) ou les écrits de Narcís Camós (1657), soulignent son ancrage spirituel et toponymique complexe.
Classé monument historique en 1990, l’ermitage illustre l’héritage religieux et linguistique du Vallespir, entre influences catalanes et françaises. Son architecture modeste mais symbolique (nef ogivale, choeur rectangulaire, chapelles latérales) en fait un témoin des pratiques dévote des Pyrénées-Orientales, où les sanctuaires de montagne jouaient un rôle central dans la vie communautaire, entre protection divine et rassemblements saisonniers.