Origine et histoire
L'ermitage Sainte‑Catherine, inscrit aux Monuments historiques, est un ensemble troglodytique adossé à la Roque de Lormont, face à la Garonne. Sa présence est attestée depuis le haut Moyen Âge et il est mentionné dans le Quart Livre de Rabelais ; la première référence d'archives date de 1386. L'ensemble comprend une chapelle creusée dans la falaise, un retable sculpté dans la roche, une fontaine rapportée, un couloir et plusieurs salles troglodytiques. Transformé au XVIIe siècle en petit lieu de culte, il a été réaménagé à plusieurs reprises par les Carmes, propriétaires après l'échange de 1446 avec la famille de Moulon. Le sanctuaire fut incendié par l'armée huguenote en 1570, puis usurpé à la fin du XVIe siècle par un clerc séculier avant d'être rendu aux Carmes en 1614. De nouveaux dons permirent d'importants travaux : en 1665 le président Arnaud de Pontac promit sa reconstruction et l'architecte Dupuy participa aux aménagements, attestés par une inscription évoquant une restauration en 1665 par Louise de Thou. Le décor de la chapelle et certaines voûtes surbaissées semblent dater de la fin du XVIIe siècle ; lors de l'installation du retable, un passage fut bouché. Le plan dressé en 1877 par E. Piganeau répartit l'ermitage en plusieurs zones : la chapelle occupe le plus vaste des abris troglodytiques et communique avec de petites salles de part et d'autre. La chapelle, d'environ six mètres de long sur trois de large, présente une voûte en berceau brisé ornée de caissons à décor végétal et, au fond, un grand bas‑relief formant retable représentant le Mariage mystique de sainte Catherine, avec la Vierge, l'Enfant, un ange et sainte Catherine. Au‑dessus du retable figure l'écusson de l'ordre des Carmes. Deux fosses funéraires sont creusées dans le sol ; plus au sud se trouvent d'autres grandes salles sur deux niveaux, aujourd'hui ruines à la suite d'effondrements, ainsi qu'une citerne et un long couloir. Une fontaine, appuyée contre le rocher entre les abris, a été reconstruite au début du XVIIIe siècle ; une source voisine a conservé le nom de Source de l'Ermitage. Après le XVIIe siècle l'ermitage connut un lent abandon, puis il fut vendu comme bien national à la Révolution et racheté en 1838 par la compagnie des Chemins de Fer d'Orléans, ce qui entraîna une nouvelle dégradation liée à des travaux ferroviaires. Vers 1850, l'aménagement des murs de soutènement pour la voie ferrée et des éboulements détruisirent certaines salles. Restauré vers 1980 par les Amis du Vieux Lormont, le site a livré des ossements et des monnaies ; l'association a également reconstruit la fontaine et déposé au musée une porte en fer forgé provenant du portail aujourd'hui muré. La municipalité de Lormont a acquis le site en 1997 et l'a aménagé en parc ouvert au public en 2006, offrant des sentiers et un point de vue sur la Garonne et Bordeaux. En raison du risque d'éboulement, la grotte reste dangereuse et l'accès au public est interdit ; le site est par ailleurs envahi par une végétation désordonnée. Parmi les personnalités liées à l'ermitage, le carme Maur de l'Enfant‑Jésus vécut à Lormont, y rédigea plusieurs œuvres et y côtoya le père André de Saint‑Pierre et le frère Roch de l'Assomption ; Charles de Brion rejoignit ensuite la communauté. La confrérie de Montuzet et les marins bordelais fréquentaient l'ermitage lors de la procession nautique, déposant ex‑voto et chantant une antienne en l'honneur de la Vierge. La chapelle est inscrite au titre des Monuments historiques.