Construction de la villa Ier siècle (≈ 150)
Période estimée de fondation du domaine.
XIXe siècle
Première mention des vestiges
Première mention des vestiges XIXe siècle (≈ 1865)
Découverte initiale des traces gallo-romaines.
1991-1995
Fouilles archéologiques
Fouilles archéologiques 1991-1995 (≈ 1993)
Campagnes au Pré-Guillemin révélant le site.
12 février 2002
Inscription aux monuments historiques
Inscription aux monuments historiques 12 février 2002 (≈ 2002)
Protection légale des vestiges mis au jour.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Les vestiges (cad. ZC 110, 111, 113, 114, 117) : inscription par arrêté du 12 février 2002
Personnages clés
Gérald Barbet - Archéologue
Auteur d’une étude majeure sur le site (1998).
Philippe Gandel - Archéologue
Co-auteur de l’ouvrage de référence (1998).
Origine et histoire de l'Établissement rural gallo-romain
La villa gallo-romaine de Chassey-lès-Montbozon, située en Haute-Saône, est un vestige d’un établissement rural séquane construit vers le Ier siècle. Elle fut découverte au XIXe siècle, mais ce n’est qu’entre 1991 et 1995 que des fouilles systématiques, menées au lieu-dit Le Pré-Guillemin, révélèrent son étendue exceptionnelle : 30 à 40 hectares dans la vallée de l’Ognon. Le site, organisé autour d’une cour en péristyle et doté d’un bassin monumental de 60 mètres de long, comprend des pièces chauffées par hypocauste, témoignant d’un niveau de confort élevé pour l’époque.
Les fouilles ont mis au jour des objets et des éléments architecturaux aujourd’hui exposés au musée Jean-Léon Gérôme de Vesoul. La villa se distingue par son plan complexe, atypique pour la région, et son bâtiment principal en U, dont la fonction exacte reste indéterminée. Le site, propriété de la commune, a été inscrit aux monuments historiques le 12 février 2002, protégeant ainsi les vestiges situés sur les parcelles ZC 110 à 117.
L’établissement rural illustre l’occupation gallo-romaine en Séquanie, une région marquée par une romanisation progressive et une organisation agricole structurée. Les Séquanes, peuple gaulois intégré à l’Empire romain, y développèrent des villae combinant exploitation agricole et résidence aristocratique. La présence d’un hypocauste et d’un bassin suggère un statut social élevé des occupants, tandis que la dispersion des bâtiments sur un vaste domaine reflète une économie rurale diversifiée, typique des campagnes romaines entre le Ier et le IIIe siècle.
Les découvertes de Chassey-lès-Montbozon s’inscrivent dans un réseau plus large de sites gallo-romains en Franche-Comté, comme l’église paléochrétienne voisine. Leur étude, documentée dans des ouvrages tels que L’établissement rural gallo-romain de Chassey-lès-Montbozon (Barbet & Gandel, 1998), éclaire les dynamiques d’implantation romaine dans l’est de la Gaule, entre intégration culturelle et persistance de traditions locales.