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Evêché , puis hôtel de police dans les Bouches-du-Rhône

Evêché , puis hôtel de police

    78184 Place de la Major
    13002 Marseille
Propriété de l'Etat
Evêché , puis hôtel de police
Evêché , puis hôtel de police
Crédit photo : Rvalette - Sous licence Creative Commons

Frise chronologique

Haut Moyen Âge
Moyen Âge central
Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
500
600
1300
1400
1500
1600
1700
1800
1900
2000
Ve siècle
Mosaïque paléochrétienne
1337 et 1351
Agrandissements médiévaux
1524
Destruction du palais médiéval
1648
Début de la construction actuelle
1736
Ajout d’une galerie
1906
Expulsion de Mgr Andrieu
1908
Installation de la police
1950
Extension moderne
7 septembre 1978
Classement monument historique
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Les façades et les toitures, y compris le portail sur rue (cad. E 32) : inscription par arrêté du 7 septembre 1978

Personnages clés

Étienne de Puget - Évêque de Marseille Lance la construction en 1648.
Toussaint de Forbin-Janson - Évêque de Marseille Termine les travaux du palais.
Henri de Belsunce - Évêque de Marseille Ajoute une galerie vers 1736.
Henry Espérandieu - Architecte Remanie le palais au XIXe siècle.
Pierre Paulin Andrieu - Évêque de Marseille Expulsé en 1906 après la loi.
René Egger - Architecte Conçoit l’extension de 1950.

Origine et histoire

Le palais épiscopal de Marseille, construit à partir de 1648 dans le 2e arrondissement, remplace plusieurs édifices antérieurs. L’évêque Étienne de Puget lance les travaux sur l’emplacement d’une ancienne fonderie royale, financés par la cession de la juridiction de Saint-Marcel à la ville. Les façades et le portail, inscrits en 1978, reflètent un style classique sobre, avec un fronton cintré et des cours anglaises fermées de grilles. Le bâtiment, remanié au XIXe siècle par Henry Espérandieu lors de la construction de la cathédrale de la Major, intègre alors une extension respectant les gabarits initiaux.

La mosaïque paléochrétienne découverte en 2008 près de la Major, datant du Ve siècle, révèle l’emplacement du premier palais épiscopal. Composée de tesselles multicolores, elle représente des paons et des acanthes, symboles de l’iconographie chrétienne primitive. Ce décor luxueux témoignait de la rivalité entre l’évêque de Marseille et ceux d’Arles ou d’Aix-en-Provence. Au Moyen Âge, le palais se situait près des remparts, agrandi en 1337 et 1351 par les évêques Jean Gasc et Robert de Mandagout, avant d’être rasé en 1524 lors du siège de la ville par le duc de Bourbon.

À la Révolution, le palais devient un bien national, puis est restitué à l’évêché en 1822 après des réparations coûteuses. La loi de 1905 entraîne l’expulsion de Mgr Andrieu en 1906, et la Police nationale s’y installe dès 1908. En 1950, l’architecte René Egger y adjoint un bâtiment moderne pour répondre aux besoins croissants des services policiers. Malgré son surnom persistant d« Évêché », le site, vétuste, pourrait être abandonné dans les années 2020 au profit de nouveaux locaux.

Les transformations successives du palais illustrent son adaptation aux besoins institutionnels : d’abord siège du pouvoir épiscopal, il incarne aujourd’hui l’autorité policière. Son portail monumental et ses façades classées rappellent son héritage religieux, tandis que les extensions du XXe siècle marquent son évolution fonctionnelle. La dualité entre patrimoine historique et usage contemporain en fait un symbole de la mémoire marseillaise.

La découverte archéologique de 2008 et les inscriptions aux monuments historiques en 1978 soulignent l’importance patrimoniale du site. Le palais, lié à des figures comme Henri de Belsunce (qui y ajoute une galerie au XVIIIe siècle) ou Toussaint de Forbin-Janson (terminant sa construction), incarne près de quatre siècles d’histoire marseillaise, entre pouvoir spirituel et autorité civile.

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