Frise chronologique
1619
Fondation par Pierre Blanchet
Fondation par Pierre Blanchet
1619 (≈ 1619)
Création dans l’auberge *L’Autruche* à Nevers.
1643
Rachat par Godin et Custode
Rachat par Godin et Custode
1643 (≈ 1643)
Achat définitif de l’atelier.
1655
Scission de la manufacture
Scission de la manufacture
1655 (≈ 1655)
Séparation en deux branches distinctes.
1708
Réunification par Anne-Marie Petit
Réunification par Anne-Marie Petit
1708 (≈ 1708)
Regroupement des deux parties de l’Autruche.
1862
Fermeture définitive
Fermeture définitive
1862 (≈ 1862)
Arrêt de la production initiale.
1874-1878
Relance éphémère
Relance éphémère
1874-1878 (≈ 1876)
Reprise par Chalandre et Zeitvogel.
1946 et 1995
Classements au patrimoine
Classements au patrimoine
1946 et 1995 (≈ 1995)
Protection de la maison et du four.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Ancienne faiencerie, 8 rue Saint-Genest : inscription par arrêté du 29 avril 1946. Four (cad. BP 308) : inscription par arrêté du 28 août 1995
Personnages clés
| Pierre Blanchet - Fondateur |
Créa la faïencerie en 1619. |
| Vincente Dupin - Dirigeante (1625-?) |
Veuve de Blanchet, lui succéda. |
| Esme Godin - Propriétaire (1637-1683) |
Cofondateur avec Pierre Custode. |
| Anne-Marie Petit - Réunificatrice (1708-1728) |
Regroupa les deux branches de l’Autruche. |
| Pierre Marie Enfert - Propriétaire (1799-?) |
Acheta la manufacture après Custode. |
| Michel Chalandre - Relanceur (1874-1878) |
Reprit brièvement la production. |
Origine et histoire
La faïencerie de l'Autruche fut fondée en 1619 par Pierre Blanchet, qui installa un four dans l’ancienne auberge L’Autruche sur la rue Saint-Genest à Nevers. À sa mort en 1625, sa veuve Vincente Dupin prit la direction, avant que l’atelier ne passe entre les mains de plusieurs propriétaires, dont Denis Lefebvre (1633-1635), Sébastien Dupont-Saint-Pierre, puis Esme Godin et Pierre Custode, qui l’achetèrent en 1643. La manufacture se scinda en deux en 1655, avec d’un côté les héritiers Custode conservant les bâtiments originels, et de l’autre Esme Godin exploitant le Puits Georgeon. Après des successions complexes, Anne-Marie Petit réunit les deux branches en 1708 et dirigea l’ensemble jusqu’en 1728.
Au XVIIIe siècle, la faïencerie connut plusieurs changements de direction, notamment sous Louis Custode, sa veuve Marie Vallet (1747-1754), puis Louis Estienne Pierre Custode de Chaumois, qui la vendit en 1799 à Pierre Marie Enfert. En 1810, elle employait 65 ouvriers. Après des rachats successifs (famille Lyons en 1827, Pierre Lancelot en 1846, Étienne Marie Héron de Villefosse en 1855), la production cessa en 1862. Relancée brièvement de 1874 à 1878 par Michel Chalandre et son beau-frère Zeitvogel, la faïencerie ferma définitivement cette année-là.
Le four de l’Autruche, construit au XVIIe siècle et éteint en 1878, est un témoignage rare des techniques de cuisson de l’époque. Chemisé de briques réfractaires et renforcé de contreforts, il comportait un sous-sol (foyer et fosse à cendres) et deux étages aujourd’hui disparus, où étaient cuites les pièces émaillées à près de 1 000 °C pendant 2 à 4 jours. Classé au patrimoine, il illustre l’importance industrielle de Nevers dans l’histoire de la faïence française. Les bâtiments restants, dont une maison à façade bossagée, rappellent cette activité florissante.
La faïencerie de l’Autruche fut inscrite aux Monuments Historiques en deux temps : la maison de maître (8 rue Saint-Genest) en 1946, puis le four en 1995. Propriété de la commune de Nevers, le site témoigne de quatre siècles d’artisanat et d’innovation, depuis les débuts artisanaux de Pierre Blanchet jusqu’à la révolution industrielle, en passant par les dynasties familiales qui marquèrent son histoire.
Les sources historiques, notamment les travaux de Jean Rosen (La Faïence de Nevers : 1585-1900), soulignent le rôle clé de cette manufacture dans l’économie locale. La faïencerie s’inscrit aussi dans un réseau plus large d’ateliers nivernais, comme ceux de la rue des Marais ou de Contrerescarpe, qui firent de Nevers un centre majeur de production céramique en France aux XVIIe et XVIIIe siècles.