Origine et histoire de la ferme 6 Rue de Pfettisheim
La ferme située au 6 rue de Pfettisheim à Lampertheim est un exemple caractéristique d’architecture rurale alsacienne du début du XIXe siècle. Construite en 1802 pour le logis, avec une poutre datée de 1798, elle présente une façade en pan-de-bois ornée de sablières moulurées et d’une loggia en encorbellement. Ses fenêtres à carreaux plombés et ses plafonds lambrissés témoignent de son authenticité préservée. La grange, ajoutée en 1825, a aujourd’hui disparu, mais un linteau gravé portant les noms Michael Diringer et Maria Catharina Roth subsiste, tout comme le portail daté de la même année.
Le logis, initialement construit pour Diebolt Diringer (comme l’atteste une poutre gravée), conserve sa disposition intérieure d’origine, à l’exception du mur séparant la salle et la cuisine. Les inscriptions retrouvées, dont une mentionnant Katharina Jaecklin en 1802, suggèrent des liens familiaux entre les propriétaires successifs. La ferme a été classée monument historique en 2006, protégeant ainsi l’ensemble du bâtiment, y compris ses dépendances restantes. Son architecture mêle fonctionnalité agricole et détails artisanaux, reflétant le savoir-faire local de l’époque.
La destruction partielle de la ferme (notamment la grange) a laissé place à des éléments remployés, comme le linteau en accolade de 1825. Ce dernier, associé au portail piéton, porte les traces des familles Diringer et Roth, illustrant les transmissions patrimoniales courantes dans les campagnes alsaciennes du XIXe siècle. La conservation des huisseries d’origine et des décors intérieurs (plafonds, sablières) en fait un témoignage rare de l’habitat rural de cette période, aujourd’hui protégé par l’État.
Située dans le Bas-Rhin, cette ferme s’inscrit dans un paysage marqué par l’agriculture et l’artisanat. Les maisons à pignon sur rue, comme celle-ci, étaient typiques des villages alsaciens, servant à la fois de lieu de vie, de stockage et d’activité économique. Leur structure en pan-de-bois, souvent complétée par des extensions en pierre ou en torchis, répondait aux besoins climatiques et aux ressources locales. La datation précise des éléments (1798, 1802, 1825) offre un aperçu chronologique des évolutions architecturales et familiales sur trois décennies.
L’inscription au titre des monuments historiques en 2006 a permis de sauvegarder ce patrimoine, menacé par les transformations modernes. La ferme de Lampertheim illustre ainsi la transition entre le XVIIIe et le XIXe siècle en Alsace, où les techniques traditionnelles coexistaient avec les premières influences industrielles. Son état actuel, bien que partiel, reste un outil pédagogique pour comprendre l’organisation spatiale et sociale des exploitations agricoles de l’époque.