Frise chronologique
993
Fondation initiale
Fondation initiale
993 (≈ 993)
Don de l’oratoire Saint-Sulpice à Marmoutier.
Xe–XIe siècles
Création des étangs
Création des étangs
Xe–XIe siècles (≈ 1150)
Exploités par les moines (Roseaux, Beaulieu).
1210–1220
Fortification par Hugues des Roches
Fortification par Hugues des Roches
1210–1220 (≈ 1215)
Mur d’enceinte, grange, réparation du logis.
XIIe siècle
Construction du logis prieural
Construction du logis prieural
XIIe siècle (≈ 1250)
Premier bâtiment roman, remanié ultérieurement.
1478–1479
Construction de la grange dîmière
Construction de la grange dîmière
1478–1479 (≈ 1479)
Datation dendrochronologique précise.
1598
Dégâts lors des guerres de Religion
Dégâts lors des guerres de Religion
1598 (≈ 1598)
Troupes huguenotes endommagent l’église.
XVIe siècle
Transformation en ferme abbatiale
Transformation en ferme abbatiale
XVIe siècle (≈ 1650)
Passage au régime commendataire.
1707–1712
Restauration post-catastrophes
Restauration post-catastrophes
1707–1712 (≈ 1710)
Reconstruction après foudre et crue.
1791
Vente comme bien national
Vente comme bien national
1791 (≈ 1791)
Achat par Robert Godeau pour 56 000 livres.
1973–1975
Classement Monument Historique
Classement Monument Historique
1973–1975 (≈ 1974)
Église et façades protégées.
2005–2008
Campagne de restauration
Campagne de restauration
2005–2008 (≈ 2007)
Travaux menés par Arnaud de Saint-Jouan.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Les façades et les toitures des bâtiments subsistants (y compris la fuye) (cad. G 112, 116 à 119, 121) : inscription par arrêté du 20 mai 1975
Personnages clés
| Archembault de Sully - Archevêque de Tours (Xe siècle) |
Donateur initial de l’oratoire Saint-Sulpice. |
| Hugues des Roches - Abbé de Marmoutier (XIIIe siècle) |
Fortifie le prieuré et construit grange. |
| Geoffroy de Maillé - Seigneur d’Armançay (XIIIe siècle) |
Abandonne droits seigneuriaux en 1287. |
| Matthieu Gautier - Abbé de Marmoutier (XVIe siècle) |
Initiateur des travaux Renaissance (1520–1523). |
| Louis de Bourbon-Condé - Abbé commendataire (XVIIIe siècle) |
Finance réparations via coupe de futaie. |
| Robert Godeau - Premier propriétaire privé (1791) |
Acheteur du domaine comme bien national. |
| Arnaud de Saint-Jouan - Architecte en chef (XXIe siècle) |
Dirige la restauration des années 2000. |
Origine et histoire
La ferme abbatiale du Louroux, initialement prieuré bénédictin fondé au XIe siècle par l’abbaye de Marmoutier, s’inscrit dans un domaine monastique stratégique du diocèse de Tours. Le site, ceint d’une enceinte fortifiée avec pont-levis et douves alimentées par l’Échandon, abrite des bâtiments emblématiques : un logis prieural du XIIe siècle remanié à la Renaissance, une église Saint-Sulpice du XIIIe siècle, et une grange dîmière gothique (1478–1479) témoignant de son rôle économique. Transformé en ferme au XVIe siècle sous le régime commendataire, le prieuré passe sous l’administration de l’archevêché de Tours au XVIIIe siècle avant d’être vendu comme bien national en 1791.
Le complexe, marqué par des campagnes de construction des XIIe (logis roman disparu, église), XIIIe (clocher, fortifications), XVe (grange dîmière, tourelles) et XVIe siècles (réaménagements Renaissance), reflète les évolutions politiques et religieuses de la Touraine. Les moines y exploitent étangs (Xe–XIe siècles), terres agricoles et droits seigneuriaux, tandis que les conflits, comme les guerres de Religion (1598), endommagent partiellement les bâtiments. Au XVIIIe siècle, des travaux majeurs (reconstruction du chœur de l’église, réfection des toitures) sont financés par la coupe de futaies centenaires, illustrant l’adaptation du site aux besoins économiques.
Classé partiellement aux monuments historiques en 1973 (église) et 1975 (façades, toitures, fuye), le prieuré fait l’objet de restaurations majeures dans les années 2000 par la communauté de communes du Grand Ligueillois. Les fouilles et études dendrochronologiques révèlent une stratigraphie complexe, mêlant vestiges romans (baies géminées, contreforts), éléments défensifs médiévaux (courtines, poterne) et aménagements agricoles modernes. Aujourd’hui ouvert au public, le site accueille des événements culturels et un projet de pôle touristique valorisant son patrimoine architectural et paysager.
L’histoire du Louroux est aussi celle de ses propriétaires successifs : des abbés de Marmoutier comme Hugues des Roches (XIIIe siècle), qui fortifie le site, à des figures comme Matthieu Gautier (XVIe siècle), initiateur des travaux Renaissance, ou l’archevêque Joachim de Conzié (XVIIIe siècle), dernier seigneur avant la Révolution. Les baux agricoles des XVIIe–XVIIIe siècles, détaillant étangs, métairies et droits seigneuriaux, éclairent la vie économique du domaine. La vente comme bien national en 1791 à Robert Godeau, puis sa transmission à des familles locales (Mourruau au XXe siècle), marque son passage dans le patrimoine privé avant son rachat public.
Le colombier circulaire (1 400 boulins), les latrines médiévales intégrées à l’enceinte, ou les graffitis comptables de la grange dîmière illustrent le quotidien monastique et agricole. Les étangs des Roseaux (52 ha) et de Beaulieu (4 ha), créés par les moines, témoignent de leur maîtrise hydraulique, tandis que la villa gallo-romaine voisine (lieu-dit Mazère) rappelle l’occupation antique du territoire. Le prieuré, avec son église aux mobiliers classés (Christ du XVIIe siècle, tabernacle de 1711), incarne ainsi près d’un millénaire d’histoire religieuse, seigneuriale et paysanne en Touraine.