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Ferme de la Grand-Maison à Bécon-les-Granits en Maine-et-Loire

Patrimoine classé Patrimoine rural Ferme

Ferme de la Grand-Maison à Bécon-les-Granits

    16 Rue de la Concorde49370 Bécon-les-Granits
Propriété privée

Frise chronologique

Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1600
1700
1800
1900
2000
1603
Messe pour Perrine Ragot
1645
Pierre gravée
XVe–XVIe siècle
Construction initiale
1690
Exil de Jacques Stuart II
1840
Rachat par les Scépeaux
1988
Classement Monument Historique
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Ferme de la Grand-Maison (cad. F 80) : inscription par arrêté du 24 octobre 1988

Personnages clés

Jeanne de la Marqueraye - Fondatrice présumée Épouse de René Ragot, morte en 1527.
Perrine Ragot - Héritière au XVIe siècle Messe célébrée en 1603 en sa mémoire.
Pierre Bodard - Notaire et propriétaire Pierre gravée datée de 1645.
Jacques Stuart II - Roi d’Angleterre en exil Séjour en 1690 pendant sa fuite.
Sidonie Prévost de Scépeaux - Vicomtesse propriétaire Rachat en 1840 pour le domaine agricole.

Origine et histoire de la ferme de la Grand-Maison

La ferme de la Grand-Maison, située à Bécon-les-Granits en Maine-et-Loire, est un témoignage architectural du XVIe siècle. Construite en granit doré local, elle se distingue par sa toiture à deux pentes entre des pignons à rondelis, ses cheminées de schiste ardoisier, et ses baies à meneaux finement moulurées. À l’origine située sur la route de Rennes, son accès principal fut inversé après la création d’une nouvelle voie sous Napoléon III. Une tourelle carrée, aujourd’hui réduite, et un puits à margelle ouvragée (autrefois surmonté d’un pavillon angevin en ardoise) complètent cet ensemble.

La Grand-Maison fut d’abord une propriété seigneuriale liée à des familles influentes comme les Ragot, les Bodard (notaires et procureurs fiscaux de la Baronnie de Bécon), et les Scépeaux. Perrine Ragot, héritière au XVIe siècle, y fit célébrer une messe en 1603 dans une chapelle aujourd’hui disparue. Au XVIIe siècle, la ferme devint une auberge, accueillant des personnalités comme le roi Jacques Stuart II d’Angleterre en fuite en 1690, ou un convoi de galériens en 1691. Un fils de contrôleur de la Bouche du Roi y mourut également, hébergé par l’aubergiste veuve Chavrun.

Transformée en exploitation agricole au XIXe siècle après son rachat par la vicomtesse de Scépeaux (1840), la Grand-Maison fut rattachée au domaine du château du Bois-Guignot. Abandonnée en 1962, elle subit des dégradations jusqu’à son inscription aux Monuments Historiques en 1988. Restaurée dans les années 1990, elle retrouva son usage résidentiel en 1992, après 30 ans de déshérence. Son histoire reflète les mutations sociales et économiques de l’Anjou, des seigneurs aux fermiers, en passant par son rôle d’auberge royale.

L’édifice doit son nom à Jeanne de la Marqueraye (morte en 1527), épouse de René Ragot, président de l’élection d’Alençon. Leur fille Perrine Ragot épousa René Garreau, dont la descendance (comme Pierre Bodard, notaire) marqua les lieux jusqu’au XVIIe siècle. Une pierre gravée « Pierre Bodard 1645 » subsiste, témoignant de cette lignée. La famille Neveu, dernière à exploiter la ferme, la quitta en 1962, laissant place à une période de déclin avant sa protection et sa renaissance.

Architecturalement, la Grand-Maison allie robustesse et élégance : murs en granit doré, toitures complexes, et éléments défensifs comme la tourelle. Les matériaux locaux (schiste, ardoise) et les techniques traditionnelles (charpente angevine) soulignent son ancrage territorial. Malgré la disparition de certains éléments (chapelle, pavillon du puits), sa restauration a préservé des détails rares, comme les meneaux retaillés ou les terres cuites d’origine.

Son inscription en 1988 a permis de sauvegarder un patrimoine emblématique du Pays de la Loire, mêlant histoire noble, vie paysanne, et épisodes nationaux (exil de Jacques Stuart II). Aujourd’hui, la ferme incarne la résilience d’un héritage architectural, entre mémoire seigneuriale et adaptation aux usages contemporains.

Liens externes

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