Frise chronologique
1463
Première mention du fief
Première mention du fief
1463 (≈ 1463)
Anne de Chastel possède le fief de Biéville.
fin XIVe siècle
Construction initiale
Construction initiale
fin XIVe siècle (≈ 1495)
Manoir bâti pendant la guerre de Cent Ans.
1710
Changement de propriétaire
Changement de propriétaire
1710 (≈ 1710)
Mariage transmettant le domaine aux Costard.
1ère moitié XVIIe siècle
Reconstruction majeure
Reconstruction majeure
1ère moitié XVIIe siècle (≈ 1750)
Famille de Chastel modernise le manoir.
1944
Réquisition allemande
Réquisition allemande
1944 (≈ 1944)
Base aérienne pendant la Seconde Guerre mondiale.
1927 et 1970
Classements monuments historiques
Classements monuments historiques
1927 et 1970 (≈ 1970)
Porche puis façades protégés.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Porche d'entrée du XVIIe siècle (cad. B 12) : inscription par arrêté du 15 juin 1927 ; Façades et toitures du logis principal et des communs (cad. B 12) : inscription par arrêté du 5 novembre 1970
Personnages clés
| Anne de Chastel - Propriétaire en 1463 |
Détentrice du fief de Biéville. |
| Marie Françoise de la Loë - Héritière du fief |
Épouse Jean Antoine de Costard en 1710. |
| Jean Antoine de Costard - Nouveau seigneur |
Donne son nom au manoir en 1710. |
Origine et histoire
La ferme-manoir de la Rançonnière, anciennement manoir de Biéville, est une demeure datant de la fin du XIVe siècle, située dans le Bessin sur la commune de Crépon (Calvados). Ce site illustre l’évolution des fiefs normands, morcelés dès le XIIIe siècle en arrière-fiefs permettant à des familles nobles d’y établir des manoirs. La richesse agricole locale, basée sur les cultures céréalières et l’élevage, favorisa cette multiplication. La première construction, érigée durant la guerre de Cent Ans, appartenait au fief « de Biéville », détenu en 1463 par Anne de Chastel.
Au début du XVIIe siècle, la famille de Chastel démolit la plupart des bâtiments, conservant seulement la tour médiévale pour reconstruire la ferme-manoir selon les critères de symétrie et de verticalité de l’époque. En 1710, le domaine passa à Jean Antoine de Costard, sieur de la Rançonnière, par le mariage de Marie Françoise de la Loë, héritière du fief. Le manoir adopta alors son nom actuel. Le site connut des usages variés, incluant une réquisition par l’armée allemande pendant la Seconde Guerre mondiale, avant de devenir un établissement hôtelier et gastronomique à partir de 1970.
Le portail monumental du XVIIe siècle, orné de fausses courtines crénelées et d’échauguettes, marque l’entrée de la cour. Le logis seigneurial, encadré de pavillons symétriques, conserve une tour du XVIe siècle aux fresques armoriées des Chastel, représentant une chasse à courre. Le pressoir imposant, les étables et la grange, transformés pour l’hôtellerie, témoignent de l’adaptation du site à travers les siècles. Un colombier, mentionné sur d’anciens cadastres, a aujourd’hui disparu.
Classée partiellement aux monuments historiques (porche en 1927, façades et toitures en 1970), la Rançonnière incarne l’héritage architectural normand. Son jardin, aménagé en 2007, et son prix « Fleurir la France » en 2008 soulignent son intégration contemporaine dans le patrimoine local. Les archives évoquent même un souterrain reliant la ferme au château de Creully, bien que cette information reste non vérifiée.
Les matériaux locaux, comme la pierre calcaire d’Orival, dominent la construction. Les moellons non crépis contrastent avec les éléments en pierre de taille (portail, encadrements), reflétant à la fois rusticité et prestige. Les échauguettes, disséminées sur les bâtiments, rappellent les préoccupations défensives persistantes après les guerres de Religion, bien que leur rôle fût davantage symbolique que militaire au XVIIe siècle.