Frise chronologique
1146
Première donation à l'abbaye de Chaalis
Première donation à l'abbaye de Chaalis
1146 (≈ 1146)
Terres offertes pour la ferme.
1151
Première mention de la grange
Première mention de la grange
1151 (≈ 1151)
Archives cisterciennes la citent.
1198
Bulle papale d'Innocent III
Bulle papale d'Innocent III
1198 (≈ 1198)
Confirme un accord territorial.
1383
Sentence mentionnant la grange
Sentence mentionnant la grange
1383 (≈ 1383)
Preuve de son activité persistante.
6 janvier 1989
Inscription du pigeonnier
Inscription du pigeonnier
6 janvier 1989 (≈ 1989)
Protection au titre des Monuments Historiques.
1995-2000
Destruction du pigeonnier
Destruction du pigeonnier
1995-2000 (≈ 1998)
Démoli par les propriétaires.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Pigeonnier (cad. AD 9) : inscription par arrêté du 6 janvier 1989
Personnages clés
| Innocent III - Pape |
Confirma un accord en 1198. |
| Moines convers de Chaalis - Exploitants agricoles |
Géraient la ferme au Moyen Âge. |
| Dietrich Lohrmann - Historien |
Étudia la grange en 1975. |
| François Blary - Archéologue |
Analysa le domaine de Chaalis (1989). |
Origine et histoire
La ferme de Troussures, située à Sainte-Eusoye dans l’Oise (Hauts-de-France), était à l’origine une exploitation agricole cistercienne rattachée à l’abbaye de Chaalis. Fondée au XIIe siècle, elle bénéficia de donations terrestres entre 1146 et 1161, dont la première mention d’une grange remonte à 1151. Les moines convers, chargés de son exploitation, devaient parcourir deux jours de marche depuis Chaalis, dépassant les règles cisterciennes limitant les déplacements à une journée. Le domaine atteignait 280 hectares au Moyen Âge, témoignant de son importance économique pour l’abbaye.
La grange, datée du XIIIe siècle par son décor architectural, mesurait 42 mètres de long et 15 de large, divisée en trois nefs par des piliers carrés. Un incendie, visible aux parements intérieurs rosés, endommagea la structure, entraînant le remplacement de piliers en pierre par des poteaux de bois. En 1966, une tempête détruisit sa couverture de tuiles, accélérant son déclin : les arcades s’effondrèrent et les ouvertures furent murées pour des raisons de sécurité. Le pigeonnier cylindrique, seul élément protégé (inscrit en 1989), fut détruit entre 1995 et 2000 par ses propriétaires.
L’histoire de Troussures est documentée par des archives médiévales, dont une bulle papale d’Innocent III en 1198 confirmant un accord territorial entre les abbayes du Bec et de Chaalis. Une sentence de 1383 mentionne également la « maison ou grange de Troussures ». Le site illustre les défrichements cisterciens en forêt de Noirvaux au XIIe siècle, avec des granges secondaires (« bordae ») construites pour pallier la capacité insuffisante de la grange principale. Aujourd’hui, il ne subsiste que des ruines de la grange et des vestiges de la porterie.
Le pigeonnier, de 2,45 mètres de rayon avec un toit en poivrière, était le dernier élément classé du site. Son échelle tournante était encore visible vers 1995, avant sa disparition. La ferme de Troussures, bien que partiellement détruite, reste un témoignage architectural des exploitations agricoles cisterciennes en Picardie, liées à l’économie monastique médiévale. Son déclin au XXe siècle reflète les défis de préservation des monuments ruraux, souvent vulnérables à l’abandon ou aux démolitions.
Les sources historiques, comme les travaux de Dietrich Lohrmann (1975) ou François Blary (1989), soulignent son rôle dans le défrichement de la forêt de Noirvaux. La grange, avec ses arcs en tiers-point et ses contreforts, incarnait l’ingénierie cistercienne, adaptée aux besoins agricoles et logistiques de l’époque. Son état actuel, bien que dégradé, offre un aperçu des techniques de construction médiévales et de l’organisation spatiale des fermes monastiques.