Origine et histoire de la ferme du Maipas
La ferme du Maipas est une maison forte édifiée au tout début du XVIIe siècle dans la commune de Prez, dans les Ardennes. Ce logis d’architecture classique, construit au sortir de la Renaissance, se distingue par son toit de grande taille et son style sobre, typique de la transition entre les deux époques. Situé dans les vallonnements de la Thiérache ardennaise, il illustre l’adaptation des résidences seigneuriales aux besoins agricoles locaux tout en conservant des éléments défensifs, comme des vestiges de fossés et des fenêtres autrefois barricadées.
À l’origine, le fief du Maipas (ou Mespas) appartient à la fin du XVIe siècle à la famille Brodart, notamment à Nicolas Brodart, maître des forges et époux de Marie Simonnet, issue d’une bourgeoisie influente de Rethel. Le monument est souvent attribué à Charles de Douglas, seigneur écossais d’Arrancy, qui épouse l’héritière des Brodart, Française Brodart, et réside au Maipas. Ce lien matrimonial et la présence d’un noble étranger reflètent les échanges culturels et politiques de l’époque entre la France et l’Écosse.
Au XVIIe siècle, le fils de Charles de Douglas, Charles Archanbault, vend le domaine à la famille Piermez, qui l’occupe avant de le transmettre à Claude de Saint-Yves, garde général des poudres et salpêtres. Au XIXe siècle, le baron Jacques Louis Hulot en devient propriétaire. Dès cette période, le Maipas perd sa fonction résidentielle seigneuriale pour se consacrer à l’exploitation agricole, sans altérer son intégrité architecturale. Épargné par les conflits, il est inscrit aux monuments historiques en 1926, reconnaissant ainsi sa valeur patrimoniale.
L’architecture du Maipas révèle une entrée marquée par un porche charretier en anse de panier, flanqué d’une porte piétonne ornée de pierres en forme de boulets. Le corps principal, encadré de quatre pavillons carrés aux toits en losange, présente une façade sobre où se détache un perron menant à une porte décentrée, soulignée par des tableaux de pierres noires. Ces éléments, combinés à la corniche à modillons ceinturant l’ensemble, témoignent d’une recherche d’équilibre entre fonctionnalité et esthétique classique.
Bien que transformé en exploitation agricole, le Maipas conserve des traces de son passé défensif, comme les vestiges de fossés et les ancrages de barreaux aux fenêtres. Aujourd’hui propriété privée, le bâtiment ne se visite pas, mais son extérieur reste accessible, offrant un aperçu de l’histoire rurale et seigneuriale des Ardennes. Son inscription au titre des monuments historiques en 1926 protège ses façades et toitures, préservant ainsi un patrimoine représentatif de la Thiérache ardennaise.