Frise chronologique
XIIe siècle
Origines supposées
Origines supposées
XIIe siècle (≈ 1250)
Première mention de la seigneurie.
1676
Vente à Antoine de Wignacourt
Vente à Antoine de Wignacourt
1676 (≈ 1676)
Changement de propriétaire, début du déclin.
Fin XVIe siècle (vers 1587)
Construction du château
Construction du château
Fin XVIe siècle (vers 1587) (≈ 1695)
Jean de Guiot érige l’édifice actuel.
1948
Classement monument historique
Classement monument historique
1948 (≈ 1948)
Protection officielle de l’État.
1989
Effondrement du corps de logis
Effondrement du corps de logis
1989 (≈ 1989)
Abandon accéléré du site.
2006
Rachat et rénovation
Rachat et rénovation
2006 (≈ 2006)
Transformation en gîte touristique.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Ferme fortifiée (cad. B 264) : inscription par arrêté du 27 septembre 1948
Personnages clés
| Jean de Guiot - Gouverneur de Mézières et seigneur |
Commanditaire du château en 1587. |
| Antoine de Wignacourt - Acquéreur en 1676 |
Propriétaire marquant le déclin initial. |
| Henriette de Clèves - Ancienne propriétaire, veuve de Louis de Gonzague |
Vend la seigneurie à Jean de Guiot. |
| Suzanne Briet - Historienne et auteure |
A analysé l’architecture du site. |
Origine et histoire
La ferme fortifiée de Charbogne, située dans les Ardennes, est un exemple emblématique des constructions défensives rurales du XVIe siècle. Suzanne Briet la décrit comme un quadrilatère sobre, aux ouvertures limitées, entouré de douves partiellement comblées et flanqué de tours d’angle. À l’origine, un pont-levis protégeait l’accès nord, tandis que les cheminées monumentales, notamment dans les tours sud-est et sud-ouest, témoignent de son usage résidentiel et agricole. L’édifice allie simplicité fonctionnelle et éléments défensifs, caractéristiques des fermes-fortes de la région.
L’histoire du site remonte au XIIe siècle, mais sa structure actuelle prend forme à la fin du XVIe siècle sous l’impulsion de Jean de Guiot, gouverneur de Mézières. Ce militaire acquiert la seigneurie de Charbogne en 1587 et y érige un château comprenant un corps de logis, des murs d’enceinte, deux tours nord, un pont-levis et des douves. Vendu en 1676 à Antoine de Wignacourt, l’édifice décline dès la fin du XVIIe siècle. La Révolution le transforme en « bien national », puis il devient une ferme au XIXe siècle : le logis se mue en écurie, les tours en greniers ou bergeries.
Les conflits modernes marquent durablement la ferme. Pendant la Première Guerre mondiale, la tour nord-est et des étables sont détruites. L’abandon s’accélère au XXe siècle : le corps de logis s’effondre en 1989, suivi des tours est. Sauvé en 2006 par un propriétaire privé, le site est rénové pour devenir un gîte touristique. Classé monument historique en 1948, il incarne aujourd’hui la résilience du patrimoine ardennais, entre mémoire seigneuriale et adaptation contemporaine.
Les sources historiques soulignent son rôle dans l’organisation rurale des Ardennes. Suzanne Briet et Jean Marchal y voient un modèle d’architecture hybride, à la fois seigneuriale et agricole. Les transformations successives — de château fort à ferme, puis à résidence touristique — reflètent les mutations économiques et sociales de la région, des guerres de Religion à la valorisation patrimoniale actuelle. Les études de Philippe Seydoux et les articles de L’Union documentent cette évolution, tout en mettant en lumière les défis de sa préservation.