Origine et histoire de la Ferme-Musée
La ferme-musée de la Soyotte était un musée installé dans une bâtisse du XVIIIe siècle au Faing de Sainte-Marguerite, près de Saint-Dié-des-Vosges. Elle retracait la vie rurale traditionnelle des Vosges à travers des collections d’outils, vêtements et objets d’antan, tout en mettant en scène près de 83 métiers paysans. Créée en 1955 sous forme associative, elle visait à préserver et transmettre le patrimoine culturel vosgien, combinant expositions, spectacles et ateliers artisanaux.
Le projet est né dans les années 1950 sous l’impulsion de Jean Bernard, directeur d’école et musicien, qui fonda un groupe folklorique axé sur les danses traditionnelles, dont la soyotte, une danse inspirée des mouvements des scieurs de long. Dans les années 1960, le groupe se consacra aussi à la redécouverte de l’épinette des Vosges, un instrument traditionnel, avec l’aide de spécialistes locaux comme Jean Grossier. Les spectacles, intégrant musique, danse et saynètes, furent présentés en Europe et aux États-Unis.
En 1969, une première exposition sur les vieux métiers vosgiens marqua le début des activités muséales. La ferme actuelle, acquise en 1976, abritait 7 000 à 8 000 pièces et reconstituait des univers artisanaux du XIXe siècle. Le musée organisa des événements comme la Fête du pain depuis 1990 et des formations aux savoir-faire traditionnels (dentelle, tissage, épinette) à partir de 1998. Il ferma définitivement en 2019 pour des raisons de sécurité.
Le fonds documentaire du musée comptait près de 400 ouvrages sur le patrimoine lorrain, consultables sur place. Des conférences et des expositions temporaires, comme celle sur les buvards anciens en 2006, complétaient l’offre culturelle. La Maison de pays, en accès libre, valorisait les productions d’artisans locaux (vins, miel, jouets traditionnels), perpétuant ainsi le lien entre patrimoine et économie régionale.
La ferme-musée fut récompensée en 1980 par le premier prix du Patrimoine pour les Vosges. Ses collections, fruit de dons et de recherches systématiques, illustraient la polyvalence des paysans vosgiens, obligés de cumuler des activités artisanales pour subvenir à leurs besoins. Les objets exposés dataient majoritairement du XIXe siècle, bien que certains spectacles aient évoqué des périodes allant de 1650 à 1930.