Origine et histoire du Ferrier antique
Le ferrier antique de Tannerre-en-Puisaye est l’un des deux plus grands sites sidérurgiques de France, avec des résidus d’extraction du fer datant de l’époque gauloise. Situé dans le bois de la Garenne et ses alentours, il couvre 30 hectares, dont 15,2 ha classés monument historique depuis 1982. Ce site, exploité dès le VIIe siècle av. J.-C. par les Sénons, a connu son apogée sous l’Empire romain, avec une production estimée à 80 % du total sur 300 ans. Les techniques gallo-romaines y ont généré des scories comparables à celles des hauts-fourneaux modernes.
L’activité décline au Haut Moyen Âge, laissant place à des vestiges comme des buttes de scories de 15 mètres de haut. Au Xe siècle, la Motte Champlay, un château-fort gardant la route vers Paris, y est construit, puis détruit en 1359 par les Anglo-Navarrais. Le site est réexploité industriellement au XXe siècle pour son ballast et ses scories riches en fer (jusqu’à 70 %), utilisées dans les hauts-fourneaux lorrains. L’extraction cesse en 1982 après le classement du site.
Aujourd’hui, le ferrier est valorisé par une association locale qui a aménagé des parcours de course d’orientation, reconstitué des bas-fourneaux antiques et un circuit de train éducatif sur l’ancienne voie ferrée du XIXe siècle. Des visites guidées et des démonstrations de réduction du minerai y sont organisées, notamment lors des Journées du Patrimoine. Le site, libre d’accès, allie patrimoine industriel, archéologie et pédagogie, avec des panneaux explicatifs et des équipements comme une aire de repos.
Les recherches ont révélé des puits gallo-romains profonds de 6 à 9 mètres, des fosses d’extraction et des traces de la Motte Champlay, rasée en 1360. Les minerais exploités étaient principalement l’hématite rouge (70 % de fer) et la limonite. Le ferrier, entouré d’un bois de 75 hectares, illustre l’importance historique de la Puisaye dans la métallurgie antique, avec plus de 2 250 ferriers répertoriés dans la région en 2008.
L’association a recréé des postes de travail montrant les techniques antiques et modernes, incluant un bas-fourneau fonctionnel (800–900 °C), une forge médiévale et un soufflet du XIXe siècle. Un livret historique, publié en 2013, documente le site. Les scories, autrefois exportées vers la Lorraine, contenaient aussi de la silice, utilisée comme fondant dans les hauts-fourneaux. Le ferrier reste un témoignage majeur de l’innovation métallurgique gauloise et romaine.